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Les coûts et l’insécurité freinent la reconstruction à Rafah

Al Jazeera Net · 2004-10-03

Le ministre palestinien des Travaux publics et du Logement, Abdel Rahman Hamad, a reconnu l’incapacité de l’Autorité palestinienne à fournir des terrains publics adaptés à des projets de logement pour les familles déplacées à Rafah, en raison du coût élevé de la reconstruction et des empiètements sur les terres publiques dans un contexte d’insécurité et d’absence d’application de la loi. Les pertes causées par les bombardements, les opérations de nivellement et les incursions israéliennes depuis le début de l’Intifada jusqu’à la fin mai ont été estimées à 397,69 millions de dollars, dont 226 millions pour reconstruire les maisons détruites et réparer celles endommagées, tandis que Rafah a subi la campagne de destruction la plus vaste de ces 48 derniers mois. Les participants à une conférence à Gaza ont également évoqué le manque de coordination et de contrôle de l’aide, ainsi que la grave crise sanitaire à Rafah et la nécessité d’élargir les services médicaux et de secours.

Le ministre palestinien des Travaux publics et du Logement, Abdel Rahman Hamad, a reconnu l’incapacité de l’Autorité palestinienne à fournir des terrains publics adaptés à des projets de logement pour les familles déplacées à Rafah, en raison du coût élevé de la reconstruction et des empiètements s…

Le ministre palestinien des Travaux publics et du Logement, Abdel Rahman Hamad, a reconnu l’incapacité de l’Autorité palestinienne à fournir des terrains publics appropriés pour la mise en place de projets de logement destinés aux familles déplacées à Rafah.

Il a affirmé, dans une allocution prononcée lors d’une conférence tenue à Gaza pour discuter des effets des incursions israéliennes, avec la participation d’un grand nombre de responsables et d’experts économiques, que la reconstruction de ces مناطق – en particulier la ville de Rafah – nécessite d’énormes investissements financiers qui dépassent la capacité économique de l’Autorité palestinienne.

Il a indiqué que, dans le contexte sécuritaire actuel et en l’absence d’application de la loi, l’Autorité n’a pas été en mesure de fournir les terrains publics appropriés à la mise en œuvre de ces projets en raison des empiètements et de leur appropriation par certaines familles.

Il a précisé que les pertes directes et indirectes subies par les installations, les équipements publics et les habitations en raison des bombardements, des nivellements et des incursions israéliennes ont atteint 397.690.000 dollars depuis le début de l’Intifada jusqu’à la fin du mois de mai dernier.

Il a estimé à 226 millions de dollars le coût de la reconstruction des maisons totalement détruites et de la réparation des habitations partiellement endommagées à la suite des incursions israéliennes répétées dans les villes palestiniennes.

Il a ajouté que la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, a subi la campagne de destruction israélienne la plus vaste parmi les villes palestiniennes au cours des 48 derniers mois, les pertes résultant de la destruction des maisons étant estimées à environ 60 millions de dollars jusqu’au début du mois dernier.

Le nombre de maisons totalement détruites a atteint 2.500, où vivaient environ 4.000 familles regroupant plus de 12.000 personnes, tandis qu’environ 6.500 maisons ont subi des dégâts partiels.

Absence de coordinationPour sa part, l’expert économique Omar Shaban Ismail a passé en revue les principaux problèmes qui entravent la gestion des conséquences des incursions israéliennes dans les villes palestiniennes, à savoir l’absence de coordination entre les institutions œuvrant à faire face à une telle agression, l’absence de dimension durable de développement dans leurs programmes de secours en raison de leur focalisation sur la satisfaction des besoins immédiats des citoyens, ainsi que l’absence de contrôle gouvernemental et sociétal sur les aides fournies par les bailleurs de fonds pour secourir les zones sinistrées.

Abdel Karim Achour, du Réseau des organisations non gouvernementales, a appelé les organisations de la société civile à s’efforcer d’influer sur les politiques générales des organismes financeurs de manière à les adapter aux besoins des Palestiniens, et à œuvrer à la création d’un fonds permanent de solidarité sociale financé par des retenues sur les salaires des employés de l’Autorité afin de garantir la poursuite de la fourniture de services d’urgence en cas d’agressions israéliennes.

Concernant le rôle des médias dans la couverture de l’incursion dans le quartier de Zeitoun et à Rafah à la mi-mai dernier, l’expert en médias Talal Okal a expliqué que « les médias qui ont réussi à couvrir les épisodes de l’agression n’ont pas achevé leur mission en suivant les effets du crime, qui se poursuivent jusqu’à présent », et il a proposé la tenue d’une conférence réunissant des représentants des médias et des organisations de la société civile afin de renforcer le partenariat et la complémentarité dans l’action.

Sur le plan sanitaire, Imad Shaat, vice-président de la municipalité de Rafah, a évoqué la grave crise sanitaire que traverse la ville, notamment du fait qu’elle ne dispose que d’un seul hôpital de 50 lits au service d’environ 160.000 personnes.

Il a demandé à l’Autorité palestinienne d’œuvrer à l’extension de l’hôpital Abou Youssef al-Najjar et d’accélérer la mise en service de l’hôpital de Tal al-Sultan, en particulier à la lumière des agressions israéliennes répétées contre la ville, qui font des dizaines de blessés.

Il a critiqué le ministère du Gouvernement local, en tant que responsable direct des municipalités en Palestine, pour ne pas avoir fourni de services d’urgence à la ville de Rafah lors de la dernière incursion, à la mi-mai dernier, tout en saluant le rôle de l’UNRWA, qui a installé en hâte des centres d’hébergement pour les déplacés et leur a fourni les besoins essentiels, d’autant plus que 90 % d’entre eux sont des réfugiés enregistrés auprès d’elle.

_______________Correspondant d’Al Jazeera Net

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