Couverture médiatique
ARA en español · 2025-10-19
L’article soutient que le cessez-le-feu à Gaza est fragile et qu’il ne repose ni sur un horizon politique commun ni sur des garanties suffisantes pour le maintenir, malgré les proclamations de Donald Trump sur une nouvelle « ère dorée » de paix. Il énumère six menaces qui pèsent sur la trêve : la poursuite des morts après son entrée en vigueur, les désaccords sur la restitution des dépouilles, le maintien de la présence militaire israélienne dans de larges parties de Gaza, les restrictions à l’aide humanitaire, le refus du désarmement par le Hamas et l’absence de plan consensuel sur la gouvernance de la bande de Gaza.
L’article soutient que le cessez-le-feu à Gaza est fragile et qu’il ne repose ni sur un horizon politique commun ni sur des garanties suffisantes pour le maintenir, malgré les proclamations de Donald Trump sur une nouvelle « ère dorée » de paix. Il énumère six menaces qui pèsent sur la trêve : la p…
## L’accord ne dispose ni d’un horizon politique partagé ni de garanties pour le soutenir
Envoyée spéciale à JérusalemDonald Trump est un maître dans l’art de fabriquer des gros titres même lorsqu’ils ne correspondent pas à la vérité. Cette semaine, il a proclamé que le Proche-Orient était entré dans une nouvelle ère dorée de paix grâce à sa médiation en faveur d’un cessez-le-feu à Gaza. Mais la réalité en est très loin. Après deux ans de dévastation, il n’y a qu’une trêve fragile : Trump a convaincu Netanyahu de suspendre les bombardements et le Hamas de remettre les otages. C’est que Trump a inversé le fonctionnement de la machine diplomatique. Normalement, les accords se préparent au fil d’heures et d’heures de réunions entre conseillers pour discuter à huis clos des détails jusqu’à trouver une base d’entente, qui finit ensuite par être certifiée par la signature des dirigeants politiques. Mais dans ce cas, tout s’est déroulé à l’inverse : les dirigeants ont paraphé un accord lors d’une cérémonie dans la ville égyptienne de Charm el-Cheikh qui ne faisait que mettre en scène le soutien international à l’initiative américaine. Une cérémonie à laquelle les protagonistes n’étaient pas présents : ni le Hamas ni Netanyahu, et tous deux ont clairement indiqué qu’il n’existe aucune base politique commune pour avancer.
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Comme le rappelle l’analyste palestinien Omar Shaban, fondateur du centre Pal-Think for Strategic Studies de Gaza, la situation actuelle « n’est pas une solution politique, mais une pause imposée par l’usure et la pression internationale ». Un représentant européen impliqué dans les négociations a déclaré à l’agence Reuters qu’« il s’agit d’une trêve de survie, non de réconciliation ». Nous passons ci-dessous en revue les menaces qui pèsent sur le cessez-le-feu.
## La paix arrivera-t-elle à Gaza ?
L’état d’esprit de guerre n’a pas encore été rompu, malgré l’arrêt des bombardements : selon le décompte officiel, Israël a tué à Gaza 34 Palestiniens depuis le début du cessez-le-feu – parmi eux sept mineurs, deux femmes et deux hommes d’une même famille –, faisant 122 blessés. Israël accuse le Hamas de violer l’accord en maintenant des positions armées et des tunnels actifs, tandis que le mouvement islamiste dénonce le fait qu’Israël mène des opérations militaires ciblées. Des sources militaires israéliennes, citées par le quotidien Haaretz, admettent que la trêve « n’implique pas la fin des opérations », mais une « réorganisation stratégique pour préparer le scénario suivant ». Trump a proclamé la fin de la guerre, mais pas Netanyahu.
## L’échange se bloquera-t-il à cause des cadavres ?
Le Hamas a rendu les 20 otages vivants qu’il retenait depuis le 7 octobre 2023, mais n’a remis que les corps de 10 des 28 otages décédés ce jour-là ou pendant leur captivité à Gaza. Les islamistes avaient déjà dit qu’ils n’étaient pas en mesure de le faire et il avait été convenu que des équipes internationales de médecine légale se rendraient dans la Bande pour aider à les localiser, mais Israël l’a tout de même considéré comme une violation du cessez-le-feu. « Si le Hamas ne parvient pas à restituer tous les corps, ou si la société israélienne perçoit qu’il ne fait pas tout son possible pour les rendre, la confiance – déjà fragile – entre les parties se détériorera encore davantage et la mise en œuvre des étapes suivantes de l’accord se compliquera », avertit Danny Citrinowicz, ancien membre du renseignement militaire israélien.
Israël n’a pas non plus respecté sa part concernant le retour des corps des Palestiniens morts en captivité dans ses prisons. Il a restitué 135 dépouilles, dont beaucoup portaient des marques de torture ou des signes laissant penser qu’ils avaient été exécutés alors qu’ils étaient encore en vie. Beaucoup d’entre eux n’étaient pas identifiés bien qu’ils aient passé des mois ou des années détenus dans des prisons. En outre, les prisonniers les plus populaires parmi les Palestiniens et qui pourraient jouer un rôle politique, comme Marwan Barghouti, n’ont pas été libérés.
## Israël retirera-t-il ses troupes de Gaza ?
Les troupes israéliennes se sont retirées jusqu’à la ligne jaune définie par le plan de Trump et occupent encore 53 % du territoire de la bande de Gaza, qui n’est pas plus grande que le Maresme. Le plan laisse à Israël une marge pour maintenir une présence militaire à Gaza afin de garantir que le Hamas ne puisse pas se reconstituer. Des sources de sécurité israéliennes insistent sur la nécessité de conserver le contrôle de zones stratégiques, comme le corridor de Philadelphie, à la frontière avec l’Égypte.
Comme le rappelle Daniel E. Mouton, chercheur au sein de la Scowcroft Middle East Security Initiative, les partenaires d’extrême droite du gouvernement de Netanyahu s’opposent à tout retrait. À ses yeux, l’accord ne représente qu’« une réduction des hostilités, et non un cessez-le-feu total ». Des sources officielles israéliennes admettent que les troupes « continueront à être présentes à l’intérieur de Gaza » et que la projection la plus réaliste est un redéploiement partiel et tactique, en maintenant le contrôle des corridors et des zones frontalières.
## Une aide humanitaire suffisante entrera-t-elle à Gaza ?
La population de Gaza vit une crise humanitaire dévastatrice, avec une faim provoquée par le siège israélien, un système de santé détruit, des déplacements forcés successifs, et des infrastructures de base comme les usines de potabilisation de l’eau et le réseau électrique ravagés par les bombardements. Et tout cela à l’approche du troisième hiver depuis le début de la guerre. Le dernier accord de cessez-le-feu a permis l’entrée de nourriture, mais pas de matériel d’abri. Des milliers de blessés doivent être évacués pour être soignés dans d’autres pays et des engins lourds sont nécessaires pour rouvrir les routes et déblayer les gravats. Israël contrôle le nombre de camions pouvant entrer dans la Bande et les itinéraires qu’ils peuvent emprunter, en particulier le corridor allant de Rafah jusqu’au point de passage de Kerem Shalom. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a annoncé ce samedi que le point de passage frontalier de Rafah resterait fermé jusqu’à ce que le Hamas respecte sa part de l’accord consistant à restituer les corps sans vie des otages israéliens décédés.
## Le Hamas se désarmera-t-il ?
La milice palestinienne a signé l’accord sous une forte pression de ses alliés régionaux (la Turquie et le Qatar) et a déjà exprimé son opposition à son désarmement, en affirmant qu’elle ne remettra les armes qu’à un futur État palestinien. Le plan prévoit le déploiement d’une force armée internationale chargée de garantir une sécurité qui n’est pas encore définie (la grande question est de savoir quel pays est disposé à envoyer des soldats à Gaza) et il n’est pas non plus clair entre les mains de qui restera le gouvernement de la bande : les islamistes ont accepté un gouvernement palestinien technocratique, tandis que Trump mise sur un gouvernement colonial dirigé par lui-même et le propre gouvernement colonial dirigé par lui-même État palestinien, que Netanyahu n’est en aucun cas disposé à accepter : en réalité, il se vante d’être le dirigeant israélien qui l’a rendu impossible.
## Qui gouvernera Gaza ?
Ni Israël, ni le Hamas, ni l’Autorité palestinienne n’ont de plan pour le lendemain de la guerre. Israël exige la destruction complète du Hamas avant de négocier une trêve permanente. Le Hamas réclame le retrait total des troupes et la reconnaissance du droit à l’autodétermination palestinienne. L’Autorité palestinienne, affaiblie et délégitimée, observe à distance.
Comme l’a averti l’ancienne négociatrice palestinienne Hanan Ashrawi, « Israël veut une trêve sans conséquences politiques, tandis que le Hamas veut une reconnaissance politique sans concessions. Cette contradiction rend toute avancée impossible. »
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