عOmar Shaban IsmailÉconomie politique · Palestine

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L'essor des Frères musulmans en Égypte incite le Hamas à assouplir ses positions

Le Monde · 2011-12-23

Le rapprochement entre les deux mouvements se traduit par des signes de modération à Gaza.

S'ils n'avaient d'autres soucis, les Gazaouis auraient presque ri de cette statistique officielle : "350 000 personnes" auraient assisté le 14 décembre, sur la place Katiba, au 24e anniversaire du Hamas ! 100 000 serait déjà une belle affluence, même en tenant compte du fait que les enfants des écoles étaient mobilisés pour l'événement, et que les fonctionnaires n'ont reçu leur salaire mensuel que le... 15 décembre.

Ce fut une journée de grands nombres, où l'on apprit que depuis sa fondation, en 1987, par le cheikh Ahmed Yassine (assassiné par Israël en 2004), en tant qu'"aile des Frères musulmans en Palestine", le Mouvement de la résistance islamique a tué 1 354 Israéliens, perdu 1 848 "martyrs", lancé 11 093 roquettes et conduit 1 117 attaques, dont 87 attentats-suicides.

Cette macabre comptabilité répond à un objectif politique : au moment où le Djihad islamique ne cesse de se renforcer en stigmatisant la modération du Hamas, qui s'efforce de faire perdurer la trêve avec Israël, celui-ci vante son bilan dans le combat contre l'occupant israélien et insiste sur sa popularité présumée.

La démonstration ne convainc pas vraiment Ahmad Al-Modalal, membre du bureau politique du Djihad : "Le Hamas et nous avons chacun notre vision politique, explique-t-il au Monde. Il est une extension des Frères musulmans, se positionne de façon pragmatique, accepte de participer à toutes les élections. Il veut rester un parti de gouvernement, devenir un parti respectable, et il va devenir de plus en plus un relais des Frères à Gaza."

Le rapprochement avec la confrérie, en effet, ne cesse de croître : outre le fait que les dirigeants de Gaza passent désormais beaucoup de temps au Caire, ils ont accepté, à la demande pressante des autorités égyptiennes et des Frères, de parapher un accord de réconciliation avec le Fatah, principal parti de l'Autorité palestinienne. En Egypte, la stratégie politique de la confrérie est de rassurer, pour mieux asseoir son pouvoir, ce qui ne peut s'accommoder d'un état de belligérance avec Israël.

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