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Omar Shaban Ismail · Middle East Institute · 2016
Une analyse de 2016 du Middle East Institute sur les relations entre l'Égypte et le Hamas sous al‑Sissi. Shaban y examine la coopération limitée, inconfortable mais fonctionnelle — Rafah comme principal levier de négociation, les canaux parallèles des services de renseignement égyptiens, les transferts financiers du Qatar via Le Caire — ainsi que les contraintes empêchant un engagement formel plus approfondi : la désignation des Frères musulmans comme organisation terroriste, l'opinion publique égyptienne et la résistance de l'Autorité palestinienne.
Une analyse de 2016 du Middle East Institute sur les relations entre l'Égypte et le Hamas sous al‑Sissi.
En 2016, la relation entre l'Égypte sous la présidence d'el‑Sisi et le Hamas s'était stabilisée en un modèle précaire mais fonctionnel de coopération limitée — une relation façonnée principalement par des impératifs de sécurité égyptiens plutôt que par une sympathie politique. La principale préoccupation du Caire était l'insurrection dans le Sinaï et ses prétendues connexions avec la branche militaire du Hamas ; la question de savoir si l'Égypte et le Hamas allaient vers une coopération dépendait donc largement de l'évolution de ces dynamiques sécuritaires.
Le point de passage de Rafah — le seul point frontalier de Gaza qui ne soit pas contrôlé par Israël — constituait l'élément central des négociations. L'Égypte avait maintenu Rafah en grande partie fermé depuis 2013, invoquant des préoccupations sécuritaires après les attaques dans le Sinaï. La pression économique que cela faisait peser sur les deux millions d'habitants de Gaza était sévère et conférait à l'Égypte une influence significative sur le Hamas. La coopération limitée — ouverture partielle de Rafah, évacuations médicales, entrée de matériaux de construction — était l'outil principal de l'Égypte pour modérer le comportement du Hamas sans s'engager formellement sur son agenda politique.
La période de 2016 a connu des avancées incrémentielles : les services de renseignement égyptiens maintenaient des canaux discrets avec le Hamas, les ouvertures occasionnelles de Rafah permettaient un mouvement civil restreint, et le Qatar continuait de transférer des fonds au Hamas via Le Caire. Mais une coopération structurelle — un accord formel Égypte‑Hamas sur la coordination sécuritaire, l'ouverture permanente de Rafah, ou une médiation égyptienne d'une réconciliation Gaza‑Fatah — restait hors de portée.
Les contraintes à un approfondissement de la coopération étaient réelles. Le gouvernement d'el‑Sisi avait désigné les Frères musulmans comme organisation terroriste, et le Hamas — une émanation des Frères musulmans — ne pouvait être accepté publiquement. L'opinion publique égyptienne, façonnée par le récit post‑2013, était hostile aux mouvements islamistes. Et l'Autorité palestinienne à Ramallah, interlocuteur palestinien privilégié de l'Égypte, s'opposait à tout arrangement susceptible d'améliorer la position du Hamas.
Thème : Regional & International Politics — Egypt · Hamas · mediation · Sinai — Texte © Middle East Institute — archivé ici avec attribution à la source. — Source d'origine