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Le Monde · 2022-08-25
Fruit de travaux d’infrastructures internationaux, la mer est moins polluée cet été dans l’enclave. Un événement pour 2 millions de prisonniers du blocus israélien.
Fruit de travaux d’infrastructures internationaux, la mer est moins polluée cet été dans l’enclave. Un événement pour 2 millions de prisonniers du blocus israélien.
Des enfants bringuebalent dans une carriole tirée par un âne, direction la plage de Beit Lahia, plein nord. Une plage populaire, réputée parmi les moins polluées de Gaza. Les hommes s’y baignent en maillot de corps, sous les immenses cheminées blanches de l’usine électrique israélienne d’Ashkelon. Les gamins creusent, balançant des brassées de sable autour d’eux. Les mômes d’Israël faisaient de même, ces derniers jours, de l’autre côté du no man’s land maritime, interdit aux pêcheurs.
La mer est propre à Gaza. Les autorités l’affirment. Les baigneurs font mine de le croire. Les usines de traitement des eaux usées crachent une eau moins sale. Ce rare succès est à mettre au crédit des bailleurs internationaux qui retapent ces infrastructures. C’est un événement considérable sur cette étroite bande côtière que le blocus israélien détruit méthodiquement depuis quinze ans. Gaza enchaîne les guerres et les escalades meurtrières. Début août encore, trois jours de bombardements israéliens contre le Jihad islamique – qui a répliqué par des roquettes – ont tué 49 Palestiniens. Dans l’enclave, se divertir est une question de survie.
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