Couverture médiatique
Association des écrivains d'Al-Sham · 2010-07-31
L’auteur examine les sociétés par actions publiques et privées en Palestine, ainsi que celles détenues par l’Autorité nationale palestinienne, en soulignant leur importance pour le développement économique et la création d’emplois, tout en estimant que ce secteur s’est développé avant l’achèvement d’un cadre juridique, réglementaire et culturel adéquat. Il met également en avant l’opacité, la faiblesse de la transparence et du contrôle, les conflits d’intérêts, les situations de monopole ainsi que l’influence politique et médiatique entourant certaines de ces sociétés, et annonce qu’il abordera dans de prochains articles des questions liées au monopole, à la fiscalité, à la gouvernance, au contrôle, à la divulgation, à la responsabilité sociale et au sort des fonds des souscripteurs.
L’auteur examine les sociétés par actions publiques et privées en Palestine, ainsi que celles détenues par l’Autorité nationale palestinienne, en soulignant leur importance pour le développement économique et la création d’emplois, tout en estimant que ce secteur s’est développé avant l’achèvement…
Les sociétés par actions en Palestine ...
Ce qui n’est pas dit est bien plus grand que ce qui est déclaré (1)
Expert
économique et président de Pal Think pour les études stratégiques à Gaza
Au cours de la période à venir, et à travers une série d’articles, j’aborderai le champ d’activité des sociétés
par actions publiques et privées ainsi que celles appartenant à l’Autorité nationale palestinienne, dans le but de jeter
la lumière sur ces sociétés, sur leurs atouts comme sur leurs manquements, tout en soulignant l’importance du secteur des sociétés
par actions dans le développement de l’économie palestinienne, la création d’emplois et sa contribution majeure à l’intégration de
l’économie et de la société palestiniennes dans le mouvement des économies développées.
Il est
bien connu que l’occupation israélienne imposait des obstacles et des exigences draconiennes à la création des
sociétés par actions, qu’elles soient publiques ou privées, et ce afin de maintenir l’économie
palestinienne petite, familiale et limitée, de manière à en faciliter la fragmentation et à freiner son développement. Elle empêchait également
les Palestiniens de penser et d’agir collectivement, privant l’économie palestinienne de bénéficier des modestes
épargnes qui pouvaient être disponibles entre les mains de citoyens simples, et freinant aussi les
Palestiniens de la diaspora dans l’investissement d’une partie de leurs fonds à l’intérieur de la Palestine.
Avec
la création de l’Autorité nationale palestinienne en 1994, une fièvre de création de sociétés par actions,
privées comme publiques, s’est répandue dans tous les domaines de l’investissement, de la part d’hommes d’affaires
qui possédaient l’expérience et la connaissance suffisantes de ce modèle de sociétés en raison de leur travail dans
différentes régions du monde, en particulier dans les pays du Golfe, où ils se sont empressés, à pas rapides, de créer des sociétés
par actions privées et publiques. La création de ces sociétés visait à combler le vide qui était attendu
à la suite du désengagement partiel de l’économie palestinienne vis-à-vis de l’économie israélienne, et à mettre en œuvre
une politique de substitution qui commençait à prendre forme chez les Palestiniens dans le but de renforcer leur indépendance économique.
Mais en raison de la nouveauté de l’expérience de l’Autorité nationale palestinienne et de la société palestinienne dans toutes ses composantes,
qu’il s’agisse des forces politiques, de la société civile ou des institutions syndicales, dans ce domaine, et aussi de leur préoccupation
collective par la question politique et l’achèvement de la construction des institutions, elles n’étaient pas suffisamment qualifiées
pour traiter avec ces nouveaux organismes aux formes juridiques largement inhabituelles. En effet, les petites entreprises
détenues par une seule personne ou par un nombre limité d’individus constituaient alors le modèle dominant.
De grandes sociétés par actions ont été créées et d’importants secteurs économiques ont été privatisés, tels que
les télécommunications, l’énergie et le gaz dans la mer de Gaza, de même qu’ont été créés des banques et des établissements bancaires,
des sociétés d’assurance et de crédit hypothécaire, avant l’achèvement de l’infrastructure juridique et législative régissant
l’activité de ces sociétés et avant la maturation de la conscience sociétale et culturelle les concernant.
Est-ce une absence ou une mise à l’écart de l’image
Le
secteur des sociétés par actions privées et publiques a encore besoin de davantage de débat, de manière à renforcer
la transparence et le contrôle officiel et populaire, d’autant plus que, ces dernières années, l’attention des
institutions de la société civile locale et internationale s’est concentrée, dans une large mesure, sur la performance de l’Autorité
nationale palestinienne, qui a fait l’objet de nombreux rapports locaux et internationaux ayant confirmé l’existence de soupçons
de propagation de phénomènes de corruption, de népotisme et de mauvaise performance administrative. Alors qu’à degré égal,
le domaine des sociétés par actions n’a pas été abordé malgré son importance. C’est pourquoi le secteur des sociétés
par actions privées et publiques est marqué par beaucoup d’opacité, un manque de transparence et la faiblesse
des niveaux de contrôle officiel et populaire, malgré les rapports annuels que ces sociétés publient sur leurs sites.
La relation de certaines sociétés par actions avec les institutions officielles et sociétales de contrôle est marquée par la faveur,
la complaisance et les conflits d’intérêts... ce qui les a tenues, dans une large mesure, à l’écart du suivi et de l’examen.
Certaines sociétés, en particulier les sociétés monopolistiques, jouissent également de beaucoup d’influence sur les plans politique
et médiatique. Nombre de chercheurs et de personnes intéressées se sont heurtés au refus de certains journaux locaux et sites
d’information de publier tout point de vue ou article abordant ces sociétés sous l’angle de la critique et du questionnement
sur elles et sur leur rôle, cela parce que ces médias dépendent largement, pour leur financement, des publicités payantes de ces sociétés.
Il est également observé que certaines de ces sociétés suivent une politique de recrutement non professionnelle, en ce sens
qu’elles prennent en considération des critères non objectifs tels que l’appartenance familiale et politique et le niveau social.
Ainsi circule de temps à autre dans les esprits un débat sérieux et profond au sujet de ces sociétés, tantôt publiquement,
et plus souvent encore en secret, qu’il s’agisse de celles appartenant à des individus ou de celles relevant de l’Autorité nationale palestinienne,
telles que le Fonds d’investissement palestinien, les parts de l’Autorité nationale palestinienne dans de nombreuses sociétés
comme la société de télécommunications, la centrale électrique de Gaza, les champs gaziers découverts dans la mer de Gaza,
ainsi que les contrats monopolistiques signés par l’Autorité nationale au cours des premières années de son existence, de même qu’au sujet
du sort de certains fonds d’aide internationale ou fonds privés qui ont été pillés sous l’appellation de sociétés fictives
n’ayant d’existence que sur le papier. Tout le monde se souvient que le premier Conseil législatif palestinien avait auparavant ouvert
les dossiers de bon nombre de ces sociétés. De même, l’actuel procureur général, lors de sa prise de fonction il y a des années,
a déclaré qu’il existait des dossiers de corruption d’une valeur supérieure à 700 millions de dollars... Après plusieurs années,
nous attendons toujours !!! Ce sont des dossiers proposés à l’Autorité de lutte contre l’enrichissement illicite, créée récemment... .
Étant donné l’importance extrême du secteur des sociétés par actions privées ou de celles appartenant à l’Autorité
nationale — « ce sont les fonds du peuple palestinien » — et en raison de la multiplicité des questions soulevées à leur sujet,
j’aborderai, dans une série d’articles successifs, certains aspects importants liés à ce secteur. Tout en rappelant que le peuple
palestinien, qui souffre de pauvreté et de besoin dans la bande de Gaza, de dépendance à l’égard des donateurs en Cisjordanie,
et qui souffre de pauvreté et de dispersion dans les camps de réfugiés et aux frontières, a pleinement le droit non seulement de savoir
mais aussi de jouir de ses biens et de ses ressources.
Certaines de ces questions seront abordées dans les articles suivants :-
1.
Comment le droit de monopole est accordé à certaines sociétés à l’exclusion d’autres dans un domaine donné... et quand le monopole prend-il fin !!.
2.
La nature des accords signés avec ces sociétés et la mesure de leur contrôle par les institutions de contrôle.
3.
La mesure dans laquelle ces sociétés s’acquittent des impôts qu’elles doivent.
4.
La mesure du contrôle de l’Autorité et de ses institutions sur ces sociétés en ce qui concerne les niveaux de salaires, le niveau du service fourni
au public et les critères de son évaluation !!!
5.
Comment sont choisis les membres du conseil d’administration et dans quelle mesure cela applique le professionnalisme et s’éloigne de la complaisance
sociale et politique.
6.
Certaines personnes cumulent l’adhésion à de nombreuses sociétés en même temps, ce qui leur procure des revenus énormes et conduit à la complaisance
et à l’hypocrisie pour préserver cette adhésion qui génère un revenu considérable sans effort notable.
7.
Les énormes rémunérations perçues par les membres des conseils d’administration en contrepartie de leur présence aux réunions du conseil
d’administration.
8.
L’influence politique dont jouissent certains actionnaires et membres des conseils d’administration.
9.
Le contrôle des comptes de ces sociétés par les institutions officielles habilitées à le faire.
10. La mesure
des prérogatives accordées à l’Autorité nationale et à ses institutions dans certaines décisions stratégiques de ces sociétés,
comme le licenciement de dizaines d’employés sans préavis ou la fermeture de certaines de leurs succursales, etc.
11. Le pourcentage des fonds que ces sociétés emploient dans des investissements à l’intérieur de la patrie et dans quels domaines, et ceux qu’elles emploient à l’extérieur.
12. Le degré d’engagement de ces sociétés à divulguer les résultats de leurs activités annuelles comme l’exige la Loi fondamentale.
13. Le degré de coopération de ces sociétés avec les chercheurs souhaitant étudier et évaluer ces sociétés, ainsi que la mise à disposition des états financiers et administratifs pour consultation publique par le biais de leurs sites électroniques ou lors de séances de discussion et de dialogues publics, comme la loi le leur impose.
14. Le degré de contribution de ces sociétés au développement social dans le cadre de ce qu’on appelle le « Fonds de responsabilité sociale », comme c’est le cas dans les pays du monde, et la manière de sa répartition entre les différentes régions de la patrie.
15. Le sort des fonds des souscripteurs dans des sociétés qui n’ont pas commencé à fonctionner malgré les années écoulées depuis leur création.
Espérant susciter un débat sérieux sur le domaine des sociétés par actions, qu’elles soient privées, publiques ou gouvernementales. C’est aussi un appel au gouvernement palestinien dirigé par Dr Salam Fayyad à examiner la situation de ces sociétés, d’une manière qui renforce la transparence et l’institutionnalisation auxquelles il s’emploie, ainsi qu’un appel aux institutions de contrôle, aux universités et aux organisations de la société civile à s’intéresser à ce domaine d’activité. Il confirme que le propos ici n’est ni général ni applicable à tous, car il existe de nombreuses sociétés par actions qui ont joué et jouent encore un rôle important dans le développement national, et qui constituent un bon exemple dont nous souhaitons que s’inspirent ces sociétés par actions qui continuent à considérer la Palestine comme une opportunité d’investissement qu’il faut seulement exploiter rapidement.
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