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Le mécanisme onusien de reconstruction de Gaza doit prendre fin, non être révisé

Omar Shaban Ismail · QudsNet · 2018

Argumentaire analytique selon lequel le mécanisme onusien de reconstruction de Gaza a épuisé sa raison d'être et doit être supprimé plutôt que réformé.

Les informations rapportées font état d'un accord entre les trois parties concernées — l'Organisation des Nations unies, par l'intermédiaire du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient, M. Nickolay Mladenov ; le gouvernement palestinien, présidé par le Dr Rami Hamdallah ; et l'armée israélienne, par l'intermédiaire de son coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, M. Poly Mordechai — pour procéder à une révision du mécanisme des Nations unies pour la reconstruction de la bande de Gaza (GRM), en vigueur depuis septembre 2014. Au bout de trois ans, les parties concernées ont pris conscience que ce mécanisme avait besoin d'être révisé, ce qui atteste de la justesse et du bien-fondé de la position des nombreux observateurs locaux et internationaux qui l'ont rejeté.

Peu après la fin de la guerre de 2014, et juste avant la tenue de la conférence des donateurs pour la reconstruction de la bande de Gaza, le 12 octobre 2014, l'Organisation des Nations unies — par la voix de l'ancien représentant du secrétaire général pour le processus de paix au Proche-Orient, M. Robert Serry — s'est proposée en lieu et place de l'Autorité palestinienne, et au nom de l'occupation israélienne, pour jouer le rôle d'intermédiaire dans l'entrée des matières premières nécessaires à la reconstruction, dans leur contrôle, et dans la décision de savoir qui, parmi ceux dont les maisons avaient été détruites, en était digne et qui ne l'était pas. Cela a privé l'Autorité palestinienne de l'honneur de servir son propre peuple et a ajouté une nouvelle couche au blocus imposé à la bande de Gaza depuis plus de dix ans. La société palestinienne — chercheurs, secteur privé et organisations de la société civile — a exprimé, en des dizaines d'occasions, son rejet catégorique de ce mécanisme, demandant au gouvernement palestinien de ne pas l'accepter. Les Nations unies ont alors fait valoir que la réconciliation palestinienne n'était pas encore réalisée et que le gouvernement d'union, formé quelques semaines avant la guerre de 2014, n'avait pas encore pris ses fonctions. Pour justifier la création du mécanisme de reconstruction de Gaza, M. Robert Serry a déclaré que ce mécanisme constituait un moyen de coordination entre l'Autorité palestinienne et le gouvernement israélien afin d'accélérer le processus de reconstruction, ajoutant qu'il ne répondrait pas seulement aux préoccupations sécuritaires israéliennes, mais qu'il renforcerait également la confiance des bailleurs de fonds, ce qui garantirait le financement nécessaire à la reconstruction.

Les répercussions de l'application du mécanisme des Nations unies :

En vertu de ce mécanisme, l'Organisation des Nations unies s'est muée en une entreprise de travaux et de gardiennage, et a remplacé le blocus israélien par un blocus onusien. La conception et la mise en œuvre de ce mécanisme ont été supervisées par le « Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets » (UNOPS). Les Nations unies, qui sont censées œuvrer à la réalisation de la paix, à l'établissement de la justice et à la levée de l'injustice, se sont transformées depuis des décennies en un instrument qui approfondit l'injustice, l'organise et la supervise. Ce mécanisme est extrêmement lent et extrêmement coûteux : des dizaines d'experts internationaux y travaillent en percevant des rémunérations faramineuses, aux côtés de programmes informatisés qui ont coûté des sommes considérables, pour surveiller le sac de ciment qui entre dans la bande de Gaza et s'assurer qu'il ne sera pas utilisé à d'autres fins. Il convient de rappeler que des milliers de tonnes de matériaux de construction sont entrées ouvertement et officiellement par le poste de Rafah, ce qui a vidé ce mécanisme de tout sens. De nombreux rapports internationaux et locaux ont fait état de fortes présomptions de corruption dans l'application de ce mécanisme. De même, la relation du personnel étranger avec les victimes de la guerre dont les maisons avaient été détruites et avec les fournisseurs palestiniens a été entachée de condescendance et d'arrogance, ainsi que d'une grande part de suspicion et d'iniquité dans son application, ce qui a poussé les fournisseurs locaux à organiser de nombreuses marches et manifestations pour protester contre les Nations unies, auteures de ce mécanisme, et pour en réclamer l'abolition. J'avais mis en garde, à de nombreuses reprises et avant même le début de son application, contre l'acceptation de ce mécanisme. J'ai moi-même parlé au président Mahmoud Abbas de la gravité qu'il y avait à l'accepter, lors de la réunion qui a rassemblé un certain nombre d'hommes d'affaires de Gaza au siège de la présidence, le 17 septembre 2014. Le mécontentement et l'insatisfaction suscités par le mécanisme des Nations unies ont même conduit certains États et certaines institutions internationales onusiennes à refuser de travailler par son entremise, préférant superviser directement leurs programmes de reconstruction dans la bande de Gaza. De même, certaines institutions relevant des Nations unies ont exprimé leur insatisfaction à l'égard de ce mécanisme, en raison des retards notables affectant les calendriers d'exécution de leurs projets. Le mécanisme des Nations unies pour la reconstruction de Gaza s'est élargi pour englober les demandes de construction nouvelle, si bien qu'il n'est plus limité aux seuls programmes de reconstruction de ce que les guerres ont détruit.

Il importe de savoir ici que les Nations unies ont fondé, en 1973, un bras commercial appelé Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS). En leur nom, le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets assure des services de gestion de projets, d'achats et d'infrastructures dans des dizaines de pays à travers le monde, en Afrique, en Amérique latine et en Asie. À travers son Bureau pour les services d'appui aux projets, l'Organisation des Nations unies se substitue aux gouvernements nationaux, les prive de servir leur peuple et confisque leur droit à apprendre et à développer leurs capacités. Les Nations unies tirent profit des conflits et des opérations de reconstruction qui suivent la fin des affrontements. Peu après la chute du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011, le secrétaire général des Nations unies de l'époque, M. Ban Ki-moon, a annoncé que son organisation enverrait 200 experts onusiens en Libye afin d'évaluer les dégâts et de contribuer à la reconstruction. M. Ban Ki-moon, qui n'a rien fait — ni lui ni son organisation — pour arrêter la guerre et la destruction en Libye, s'est empressé d'envoyer ses équipes internationales afin de s'assurer une part du gâteau de la reconstruction et de garantir quelques emplois très bien rémunérés. Tout le monde est perdant en Libye, à l'exception des organisations des Nations unies, des compagnies pétrolières et des sociétés de sécurité qui traversent les continents et les conflits. Il en ira de même en Syrie et au Yémen lorsque la guerre déposera les armes.

Il faut ancrer la reconstruction au niveau national :

Parce qu'il s'agit d'un mécanisme raté, coûteux et non national — il est même l'une des causes des souffrances et de la profonde stagnation économique dans la bande de Gaza —, ce qu'il faut, c'est y mettre fin totalement, et non pas seulement le réviser. Avec la signature du récent accord de réconciliation et le début de l'exercice de ses fonctions par le gouvernement d'union dans la bande de Gaza, en particulier au niveau des points de passage, le besoin du mécanisme des Nations unies disparaît. La reconstruction est un processus national par excellence, et il revient aux institutions nationales, officielles et civiles, de prendre en charge ce processus dans tous ses détails. La reconstruction est une occasion de restaurer les structures politiques, économiques et académiques dans les deux ailes de la patrie, qui ont été très durement affectées par la division.

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