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Le processus de reconstruction de Gaza ne doit pas être politisé

Omar Shaban Ismail · PalThink for Strategic Studies · 2021

Rédigée après la guerre de Gaza de mai 2021, cette analyse de PalThink soutient que la politisation de la reconstruction — consistant à conditionner les financements à des arrangements politiques non résolus — a été l'échec déterminant de chaque effort de relèvement post‑conflit. Elle appelle à la mise en place d'un mécanisme de reconstruction géré sur le plan technique, soumis à une surveillance indépendante et financé par de multiples bailleurs de fonds, qui dissocie la reconstruction à visée humanitaire des négociations politiques.

Rédigée après la guerre de Gaza de mai 2021, cette analyse de PalThink soutient que la politisation de la reconstruction — consistant à conditionner les financements à…

Après les agressions israéliennes contre la bande de Gaza en 2008-2009 puis en 2014, les gouvernements de Gaza et de Ramallah ne sont pas parvenus à un consensus sur les plans et les stratégies du processus de reconstruction de Gaza. Une fois de plus, le même scénario de reconstruction de Gaza se reproduit au lendemain du conflit de mai 2021. Le désaccord entre les deux gouvernements pourrait aboutir à un nouvel échec retentissant de ce processus. Considérons les jalons suivants, fondés sur des expériences internationales réussies :

Le processus de reconstruction doit avancer immédiatement. Les familles qui vivent encore dans les ruines doivent retrouver une vie normale, car elles ne peuvent pas attendre avec impatience plus longtemps. À cette fin, un fonds d’urgence doit être constitué afin de fournir une intervention de secours immédiate pour faire face aux conséquences désastreuses du conflit sur les soins de santé (physiques et mentaux), la sécurité alimentaire et les besoins essentiels.

La reconstruction doit être politiquement neutre. Selon les enseignements tirés des expériences internationales à cet égard, un jury national spécial doit être constitué, faire l’objet d’un suivi officiel, et adopter une approche participative permettant à la société palestinienne de s’impliquer dans les activités du jury. L’une des raisons d’avoir un tel jury est qu’il peut servir de protection contre la bureaucratie gouvernementale susceptible de provoquer des retards inutiles dans le retour à la normale à Gaza.

Le processus de reconstruction est une occasion d’affiner le programme politique palestinien, de susciter la solidarité et d’alléger les épreuves de la société. Considérons l’expérience de la République du Rwanda ; ce pays est devenu socialement cohérent et économiquement prospère après les affrontements qui ont éclaté entre ses tribus.

La reconstruction de Gaza est une nouvelle occasion pour l’économie locale de se développer et de prospérer en s’appuyant sur les usines, les entreprises et les ressources humaines locales. En effet, les matériaux de construction peuvent être trouvés dans ces installations locales, et le processus devient ainsi un atelier national qui mobilise tout le monde, en particulier les civils directement touchés par la guerre.

Le fonds d’urgence pour la reconstruction n’a qu’un seul objectif. Il ne doit pas être utilisé pour combler des déficits ni pour soutenir tout autre programme. Toute somme versée dans le fonds spécial doit être maintenue séparée des autres fonds ou des postes budgétaires alloués au déficit budgétaire.

La création d’un fonds spécial pour le processus de reconstruction nécessitera suivi, redevabilité et confiance. Ce fonds encourage les pays donateurs à contribuer au processus de reconstruction, à réunifier la société en mobilisant des membres actifs de la communauté afin qu’ils jouent un rôle dans les activités du fonds, et fait ainsi de la reconstruction de Gaza un processus garanti et validé. Un tel fonds peut constituer le principal canal pour recevoir à la fois les contributions des donateurs à Gaza et les propositions de projets des entreprises locales chargées de la mise en œuvre.

Il convient de noter que de nombreuses personnes exploitent cette situation à des fins personnelles. Au nom des véritables victimes, des escrocs sollicitent des fonds auprès d’entités locales et internationales sous prétexte de soutenir Gaza. Nous devrions tirer les leçons de dizaines d’exemples en Afrique et en Amérique latine qui ont provoqué de l’inflation et abouti à une reconstruction inefficace.

En bref, le processus de reconstruction doit disposer d’un fonds distinct du budget général. Ce fonds doit bénéficier de manière explicite et effective aux victimes et surmonter la bureaucratie. Le processus de réception et de décaissement des fonds doit être agréé et contrôlé par un organe indépendant.

Thème : Gaza Reconstruction — reconstruction · politicization · post-conflict · 2021 war · international aid — Source d'origine

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