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Omar Shaban Ismail · Brookings Doha Center · 2015
Un commentaire du Brookings Doha Center de 2015 proposant un nouveau cadre pour la reconstruction de Gaza après quatre cycles de relèvement post-conflit infructueux. Shaban plaide en faveur de trois volets parallèles — un engagement politique avec le Hamas, l’intégration économique comme condition préalable, et la séparation, au sein de la gouvernance, des fonctions administratives et politiques — ancrés dans un conseil de reconstruction collaboratif multipartite.
Un commentaire du Brookings Doha Center de 2015 proposant un nouveau cadre pour la reconstruction de Gaza après quatre cycles de relèvement post-conflit infructueux.
Après quatre guerres majeures — 2008-2009, 2012, 2014 — et les pressions militaires constantes entre elles, la reconstruction de Gaza a suivi un schéma déprimant et constant : les conférences internationales de donateurs génèrent de fortes promesses de financement, les décaissements sont lents et soumis à des conditions politiques, la reconstruction effective est partielle, et la prochaine escalade commence avant que la reprise ne soit achevée. L'approche « Retour à Gaza » que propose cet article rompt avec ce schéma en ancrant la reconstruction dans un nouveau cadre politique et de gouvernance.
L'argument central est que Gaza ne peut être reconstruite de manière durable sans s'attaquer aux conditions politiques sous-jacentes qui ont produit chaque crise successive. Ces conditions sont : le blocus israélien, qui empêche l'importation des matériaux nécessaires à la reconstruction ; la division interne palestinienne entre le Hamas et le Fatah, qui empêche la création d'un cadre de gouvernance unifié ; et la conditionnalité politique imposée par la communauté internationale, qui a rendu le financement de la reconstruction contingent à des arrangements de gouvernance que ni le Hamas ni l'Autorité palestinienne ne sont en mesure de fournir.
Une nouvelle approche requiert trois volets parallèles. Le premier est politique : il reconnaît la gouvernance de facto du Hamas à Gaza et crée un cadre d'engagement gradué — non pas une reconnaissance, mais un dialogue autour de l'accès humanitaire, de la reconstruction et d'une éventuelle normalisation politique. Le deuxième est économique : il considère l'intégration économique de Gaza comme une condition préalable à la durabilité, et non comme le résultat d'une résolution politique. Le troisième est de gouvernance : il sépare les fonctions municipales et administratives des questions politiques relatives à la légitimité du Hamas.
La proposition concrète de l'article est la création d'un conseil collaboratif de reconstruction — un organe multipartite incluant une représentation de l'Autorité palestinienne, des bailleurs de fonds internationaux, des agences de l'ONU et la société civile de Gaza, fonctionnant sous des mécanismes transparents de reddition de comptes. Ce conseil prioriserait l'évaluation des besoins, la passation des marchés et le suivi de la mise en œuvre, séparant les aspects techniques de la reconstruction des négociations politiques qui les ont à plusieurs reprises entravés.
Thème : Gaza Reconstruction — Local stakeholders · Transparency · Accountability — Texte © Brookings Doha Center — archivé ici avec attribution à la source. — Source d'origine