Couverture médiatique
Al-Hadath (Ramallah) · 2026-08
Le dossier de couverture d'Al-Hadath (n° 197, août 2026) interroge huit chercheurs, économistes et chefs d'entreprise palestiniens sur les plans proposés pour la reconstruction de la bande de Gaza. Tous mettent en garde : contourner la direction palestinienne, ou cantonner les Palestiniens à la seule mise en œuvre technique, affaiblirait toute perspective de durabilité et créerait de vrais risques pour la souveraineté et la légitimité. Le Dr Omar Shaban, fondateur et directeur de PalThink for Strategic Studies, doute que le monde, pays arabes compris, soit prêt à financer la reconstruction ; il juge que mettre de tels plans sur la table aujourd'hui relève d'un luxe qui ne correspond pas à la réalité, et plaide pour les remiser au profit du secours et de l'allégement des souffrances quotidiennes, tant que les points de passage restent sous contrôle israélien et que la guerre se poursuit.
Le dossier de couverture d'Al-Hadath (n° 197, août 2026) interroge huit chercheurs, économistes et chefs d'entreprise palestiniens sur les plans proposés pour la reconstruction de la bande de Gaza. Tous mettent en garde : contourner la direction palestinienne, ou cantonner les Palestiniens à la seu…
Des chercheurs, économistes et hommes d’affaires palestiniens mettent en garde contre le danger de contourner le rôle palestinien dans le plan de reconstruction de la bande de Gaza ou de le limiter à la seule exécution technique. Ils ont également annoncé leur rejet des plans de reconstruction en tant qu’outil de réimposition du contrôle sapant la souveraineté palestinienne. Ils considèrent le plan palestinien de reconstruction de Gaza comme une base solide pour une approche politique ou comme des fondements pour des négociations porteuses d’un programme national, et demandent une refonte consensuelle du système politique palestinien qui manifeste et confirme l’unité géographique de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem occupée.
Ces mises en garde interviennent dans un contexte de prolifération des plans proposés pour la reconstruction de la bande de Gaza et de leur réactivation après que le mouvement (Hamas) a renouvelé son affirmation de son engagement total à mettre en œuvre le plan du président américain Donald Trump, de manière à garantir la fin de la souffrance humanitaire et la reconstruction de la bande, ainsi que son accord sur son désarmement, alors même que l’État occupant n’a pas respecté l’arrêt immédiat de ses opérations militaires à Gaza, qu’il persiste dans la politique de bombardement des bâtiments et des assassinats ciblés, et que ses forces militaires ne se sont pas retirées de la bande conformément à ce que prévoyait le plan, lequel appelait également au lancement d’opérations de reconstruction globale dans la bande de Gaza sous une nouvelle administration civile palestinienne. C’est précisément cet aspect qui retient vivement l’attention de la communauté des chercheurs et économistes palestiniens, qui se concentrent sur sa mise en œuvre, mais avec des idées et des horizons palestiniens.
Selon eux, le redressement rapide doit d’abord avoir lieu, car il constitue le fondement de tout processus de reconstruction de la bande de Gaza. Ils s’accordent donc sur l’importance de disposer d’une feuille de route nationale unifiée servant de référence aux différents efforts de planification et de reconstruction, en soulignant que le succès de tout plan reste lié à la définition de la forme de gouvernement et de gouvernance dans la bande. Ils ont également insisté sur la nécessité que le plan palestinien soit la référence principale de tout effort régional ou international de reconstruction, afin d’en garantir la cohérence avec les priorités et les besoins nationaux.
Avertissement contre le contournement du rôle palestinien et sa limitation à l’exécution technique
Des hommes d’affaires, chercheurs et économistes avertissent que tout plan qui contourne la direction palestinienne ou limite le rôle des Palestiniens à la seule exécution technique affaiblirait les chances de durabilité et créerait de graves risques pour la souveraineté et la légitimité, même s’il semblait finançable à court terme. Ils soulignent l’importance d’intégrer le secteur privé palestinien à tout processus de reconstruction, non pas comme substitut au rôle public ou aux exigences de justice sociale, mais comme levier national pour renforcer l’emploi et relancer la production locale. C’est pourquoi ils demandent que les plans proposés soient réexaminés et rectifiés de manière à servir la souveraineté et l’unité géographique, et à s’éloigner des approches qui transforment la reconstruction en porte d’entrée vers une tutelle de longue durée.
La majorité des plans ignorent les Palestiniens en tant qu’acteurs politiques et partenaires de la planification
Les chercheurs et économistes s’accordent à dire qu’on ne peut comprendre l’intensité des plans et propositions apparus au cours de l’année écoulée comme de simples réponses techniques à la guerre en cours contre la bande de Gaza, mais aussi comme des tentatives précoces d’anticiper et de reconfigurer les contours du système politique, social et urbain en Palestine, par la porte du (« jour d’après »). Ils soulignent que l’importance de la lecture de ces plans ne découle pas seulement de leur capacité de déconstruction ou de critique technique, mais du fait qu’elle constitue un acte souverain dans le cadre d’un processus de récupération graduelle de la décision symbolique — dans une certaine mesure — et cognitive concernant l’avenir de la Palestine.
Ils affirment que la majorité des plans ignorent les Palestiniens en tant qu’acteurs politiques et partenaires de la planification, et les considèrent comme des « objets d’action ». Seuls certains plans échappent à cette logique, tels que : (le plan Phénix de Gaza, ou le plan national élaboré par le ministère de la Planification et de la Coopération internationale). Ils estiment donc que la plupart de ces plans manquent de reconnaissance du sujet palestinien comme référence souveraine ou cognitive, tant au niveau officiel que populaire. Et puisque la reconstruction n’est pas un acte technique, la dimension politique et souveraine doit être prise en considération.
S’ils ne rejettent pas ces plans de manière globale, ils cherchent toutefois à réorienter la boussole vers les intérêts nationaux palestiniens et à refuser la reconstruction comme outil de réimposition du contrôle et de sape de la souveraineté palestinienne. C’est pourquoi le plan palestinien est apparu parallèlement à ces plans ; il peut être considéré comme un projet audacieux qui ancre l’accès à la souveraineté et au développement. Ce plan pourrait constituer une base solide pour une approche politique ou des fondements pour des négociations porteuses d’un programme national.
La Banque mondiale, sur la base d’une évaluation conjointe avec les Nations Unies et l’Union européenne, estime les besoins de redressement et de reconstruction dans la bande de Gaza à environ 71,5 milliards de dollars, ce qui indique l’ampleur sans précédent des destructions subies par les infrastructures, les logements, les secteurs économiques et les services essentiels. Elle avertit que l’économie palestinienne approche du « point d’effondrement », notant que l’année en cours, 2026, pourrait être la pire pour elle.
Quatre scénarios pour les trajectoires de reconstruction dans la phase du « jour d’après »
Masif Masif — chercheur en économie à l’Institut palestinien de recherche sur les politiques économiques (MAS) — a proposé quatre scénarios généraux pour les trajectoires de reconstruction, sans présumer qu’aucun d’eux se réalisera de manière inéluctable. Il a déclaré : « D’un point de vue pratique, ces scénarios peuvent se chevaucher, se succéder ou évoluer en fonction des changements de l’environnement politique, et une nouvelle trajectoire peut émerger pour des raisons politiques, sécuritaires et financières », s’interrogeant : qu’est-ce qui rend un plan activable dans un contexte donné ? Et qu’est-ce qui le rend moins applicable ou plus risqué dans un autre contexte ?
Scénario d’une direction palestinienne sous un parapluie régional/international
Selon Masif, ce scénario repose sur une direction palestinienne officielle élue du processus de reconstruction, incluant les ministères, les municipalités, les habitants de Gaza et l’Organisation de libération de la Palestine en tant que représentant légitime des habitants de la bande de Gaza à l’Assemblée générale et dans la diaspora, de manière à garantir un champ plus large de représentation politique, avec un soutien arabe et international organisé, dans un cadre de coordination des donateurs, avec un passage graduel de la phase de redressement rapide à celle de la reconstruction, et avec un lien entre la reconstruction, l’unité de la géographie palestinienne et le retour au fonctionnement des institutions, dans un contexte de stabilité relative du cessez-le-feu et d’acceptation internationale/régionale d’un rôle dirigeant palestinien, aux côtés d’arrangements spécifiques concernant les points de passage et les flux de matériaux permettant la mise en œuvre. Ce scénario permettrait de renforcer la légitimité et la reddition de comptes au niveau local, d’accroître les chances de construire un contenu local dans l’exécution (emploi, marchés de travaux, approvisionnement), et de réduire les risques d’une tutelle de longue durée.
Quant aux risques potentiels, selon Masif, ils résident dans la politisation du financement ou son retard, la faiblesse des capacités d’absorption et institutionnelles durant les premiers mois, et le risque de fragmentation des programmes si les canaux de financement se multiplient sans référence unifiée.
Scénario d’une gouvernance transitionnelle internationale de courte durée
Masif dit : « Ce scénario repose sur la mise en place d’un arrangement transitoire sous administration ou supervision internationale (par mandat politique extérieur) pour une période limitée définie comme une phase transitoire de gestion de la stabilité et de la reconstruction, avec une présence palestinienne variable se limitant le plus souvent à l’exécution technique ou à des niveaux consultatifs. Ce scénario est activé grâce à un fort soutien politique international et à un soutien financier conditionné à la non-intervention de l’Autorité palestinienne dans la décision ».
Scénario d’une reconstruction d’investissement conditionnelle menée par le secteur privé avec des arrangements sécuritaires extérieurs
Et, selon ce qu’avance Mseif, ce scénario repose sur l’orientation du processus de reconstruction vers un portefeuille de grands projets d’investissement, fondés sur des contrats de longue durée, des concessions et des formules de type (BOT) — contrats de construction, d’exploitation et de transfert — et (PPP) — partenariat public-privé — avec un lien explicite à la sécurité et à la gestion des risques selon une perspective extérieure, et en considérant l’investissement comme un moteur principal du redressement.
Il poursuit : « Quant à ses risques potentiels, ils résident dans la faiblesse de la justice sociale et l’inégalité des bénéfices, la domination d’une couche ou d’une catégorie locale influente, la marginalisation de l’économie locale, des risques pesant sur les droits de propriété, le logement et la terre, ainsi que la transformation de la reconstruction en une économie de privilèges qui consacre une dépendance de long terme au lieu de construire une base productive. »
## Scénario de maintien du statu quo : un redressement fragmenté et lent sous l’effet de contraintes persistantes
Quant au quatrième scénario, Mseif y suppose l’absence d’une trajectoire globale de reconstruction et la transformation des interventions en projets dispersés (secours/réhabilitation/services), avec le maintien des restrictions imposées à la circulation et aux matériaux, ou le retour de cycles de tensions empêchant la stabilité de l’exécution. Il se caractérise par la fragilité du cessez-le-feu, la poursuite des restrictions sur les points de passage, la multiplicité des autorités de fait ou la faiblesse de la coordination, ainsi que le recul des engagements de financement ou leur conversion en aides humanitaires uniquement.
Il a déclaré : « Ses principaux résultats attendus se traduisent par une hausse du coût du temps (allongement de la durée du redressement), la persistance d’une économie de rareté et d’intermédiation, l’érosion du capital humain, et l’aggravation des risques sociaux à moyen terme, dans une situation semblable à celle qui prévaut en Cisjordanie. »
Le chercheur Mseif conclut que les scénarios mentionnés montrent que le succès de tout plan ne dépend pas seulement de la qualité de sa conception, mais aussi de son adéquation à une trajectoire politique/sécuritaire réaliste, et de sa capacité à réduire les risques attendus dans chaque scénario. En conséquence, la comparaison précédente aide à déterminer quels plans sont les plus susceptibles d’être activés dans un environnement de direction palestinienne, lesquels se nourrissent d’une logique de tutelle, lesquels reposent sur un investissement conditionné, et lesquels s’effondrent face au scénario d’un redressement fragmenté.
## L’essence de la divergence entre les plans de reconstruction est politique et non technique
Tandis que Yara Al-Salem — coordinatrice de l’équipe technique du cadre de travail Phoenix Gaza — critique l’approche adoptée par Mseif dans sa comparaison entre 14 plans proposés pour la reconstruction de Gaza, parmi lesquels le plan Phoenix Gaza, en raison de la différence de leurs points de départ, elle affirme que l’essence de la divergence entre eux n’est pas tant technique que politique, soulignant la nécessité que l’appropriation du processus de reconstruction soit palestinienne et qu’une attention particulière soit accordée aux municipalités, compte tenu de leur rôle central dans la gestion du processus de reconstruction et la fourniture de services.
Elle a déclaré, en nuançant : « Gaza n’est pas une terre vide, et la destruction n’efface ni la mémoire ni les droits de propriété », relevant que la reconstruction est un processus imbriqué qui dépasse la simple reconstruction des logements et des infrastructures, et appelant à œuvrer au rétablissement de la capacité de la société palestinienne à se reconstruire elle-même et à renforcer sa résilience, ainsi qu’à intégrer les plans de relèvement précoce aux plans de reconstruction dans une vision globale.
Al-Salem a appelé à la ضرورة de distinguer entre les visions de supervision et les programmes opérationnels, expliquant que le plan Phoenix Gaza n’est en concurrence avec aucun autre plan, et qu’il met en avant l’opérationnalisation dans le processus de redressement et de reconstruction ainsi que l’appropriation de la reconstruction. Elle a déclaré : « Dans notre plan, nous ne nous sommes pas concentrés sur la participation palestinienne, mais sur l’appropriation palestinienne. Il est très important de préciser que notre plan n’est pas une approche communautaire participative ; il a plutôt relié la préservation de l’identité et du tissu social, et nous rejetons l’idée avancée par certains selon laquelle Gaza serait une terre vide. Ici, nous constatons que la participation communautaire n’est pas une activité sociale annexe à la reconstruction, mais qu’elle fait partie intégrante du processus de gouvernance. La participation de toutes les composantes de la société palestinienne déplace ainsi le centre de gravité du processus de reconstruction à l’intérieur de la société et des institutions palestiniennes, qu’il s’agisse des municipalités, du secteur privé, des institutions de la société civile, des spécialistes et d’autres encore. »
## Rejet des tutelles extérieures et accent mis sur la participation communautaire, la souveraineté et la décision palestinienne
Al-Salem réaffirme avec insistance le rôle des municipalités, qu’elle considère dans certains pays comme plus important que celui du gouvernement. Elle a déclaré : « Dans la situation de Gaza, lorsqu’on parle des municipalités et des institutions palestiniennes existantes, il existe un savoir cumulatif et des capacités professionnelles institutionnelles, et nous refusons de créer toute alternative qui les remplacerait. L’un des objectifs de la reconstruction elle-même doit plutôt être de rebâtir la capacité de ces institutions et de ces municipalités et de les habiliter à diriger le processus ; autrement dit, le processus de reconstruction des institutions constitue une partie essentielle du processus de reconstruction. »
Al-Salem a souligné l’importance de ne pas dissocier les phases de redressement et de reconstruction, car il s’agit d’un processus imbriqué dans le cadre des conditions et des possibilités disponibles ; il doit donc y avoir une intégration parallèle entre redressement et reconstruction. Elle a insisté sur le rejet des tutelles extérieures, et sur la nécessité, dans les plans, de mettre l’accent sur la souveraineté et la décision palestinienne, la participation communautaire, le rôle central du secteur privé dans le processus de reconstruction, l’utilisation des ressources locales et l’articulation du redressement avec la reconstruction.
Elle a déclaré : « La valeur fondamentale de Phoenix n’est pas de proposer une autre vision de ce que pourrait être Gaza après la reconstruction ; sa valeur fondamentale est de changer le point de départ : passer de la reconstruction de Gaza pour les Palestiniens à la reconstruction de Gaza sous la conduite des Palestiniens, en partant du principe que le Palestinien est le propriétaire de la terre, du savoir, de l’institution et de la décision, et non simplement le bénéficiaire. »
## L’Autorité palestinienne prépare à distance des plans pour les bailleurs, et ce sont des plans inefficaces sur le terrain
Le Dr Akram Al-Ajla — coordinateur de l’Initiative de sauvetage de Gaza / codirecteur du Centre universitaire de planification et de redressement — a pour sa part déclaré : « Aucun plan ne peut réussir sans connaître les contours de la stabilité, dont le plus important est : quelle est la forme de gouvernance dans la bande de Gaza ? » Dans la situation actuelle, le Dr Al-Ajla estime que Gaza vit un état de vide en matière de gouvernance ; l’Autorité nationale prépare à distance des plans pour les bailleurs, et ceux-ci sont inefficaces sur le terrain, tandis que le (Hamas) exerce le contrôle par la force pour protéger son pouvoir, en dehors du cadre du système international. De même, le Conseil de la paix, le bureau de Mladenov et le comité administratif sont eux aussi devenus de nouveaux acteurs. Récemment, Dahlan a également émergé à travers le projet de la (ville humanitaire) à Rafah. Dès lors, il existe un flou quant à l’entité qui gère ou détient un plan de redressement ou de reconstruction.
## La réponse n’a pas été à la hauteur de l’ampleur de la catastrophe sur le terrain
Le Dr Al-Ajla a déclaré : « Tous les plans élaborés auparavant, y compris le plan Phoenix, ont été construits sur des scénarios très éloignés de la réalité du terrain pour les années à venir, et ils manquent également de participation des populations à leur élaboration. Ce qui distingue le plan Phoenix, c’est qu’il est arrivé à un moment sensible, lorsque le plan égyptien, devenu par la suite arabe, a été annoncé ; il s’agissait de plans dont l’objectif était de faire face au projet de déplacement forcé et de prise de contrôle de la bande de Gaza dans le cadre des conceptions de (Kushner). Mais le plan égyptien, que l’Autorité palestinienne considère comme un plan palestinien, a malheureusement été assorti d’un schéma spatial, qui s’est reflété sur le terrain par ce qu’on appelle actuellement la (ligne jaune). Malheureusement, ce que nous voyons aujourd’hui sur le terrain, c’est le plan arabe : tout ce qui se trouve à l’est de la ligne jaune est devenu une zone interdite, et (Israël) s’est attaché à ce schéma qui a provoqué le déplacement de 964 000 Palestiniens, de Beit Hanoun au nord, en passant par Shuja’iyya et les villes à l’est de Khan Younès, jusqu’à Rafah au sud. »
Et il a déclaré : « Quiconque a abandonné les gens au moment de la tempête et de l’épreuve ne sera pas reconnu par le grand public au moment des urnes ou dans la forme de gouvernement. Malheureusement, l’Autorité palestinienne a laissé les gens affronter seuls leur sort sur le terrain, au point que le Dr Shelbi, conseiller du ministre des Finances et de la Planification, dit que tout plan doit être “filtré” par le ministère de la Planification. Une catastrophe de l’ampleur de celle de Gaza et l’héroïsme dont elle témoigne n’ont-ils besoin que d’une simple unité administrative de cinq employés sans lien avec le sujet, au sein du ministère de la Planification, pour gérer le relèvement et la reconstruction ? ».
Il a poursuivi : « Depuis le début de l’agression contre Gaza, nous avons pris contact, au sein de l’Initiative de sauvetage de Gaza, avec la majorité des ministres, sans exception, dans le gouvernement précédent comme dans le gouvernement actuel. Il y a eu une réactivité et une interaction de la part de certains ministres, mais malheureusement la réponse n’a pas été à la mesure de l’ampleur de la catastrophe sur le terrain ».
Il a ajouté : « La bande de Gaza n’est pas le Hamas, et Gaza n’est ni incapable ni stérile en termes de compétences, de volontaires et d’experts. C’est pourquoi aucun plan ne réussira si la communauté locale de Gaza n’est pas partenaire de son élaboration et partenaire dans la décision. Toute planification, tout schéma ou toute gestion du processus de relèvement et de reconstruction à Gaza ne peut réussir tant qu’il n’existe pas de partenariat avec la communauté locale, ou tant que la planification et la gestion de l’intervention d’urgence et du relèvement continueront à se faire à distance, ou tant que le processus sera limité au seul cadre de la mobilisation du financement des bailleurs et de sa gestion ».
## Nous n’avons pas le pouvoir de déterminer quel est le meilleur plan dont les décisions seront transformées en mise en œuvre
Quant à Ahmad al-Farra — fondateur et directeur général de la plateforme PalInvest, spécialisée dans la conception de systèmes de relèvement, et qui travaille au développement des cadres reliant la vision stratégique aux politiques, au financement et aux partenariats nécessaires au relèvement et à la reconstruction — il estime que le problème ne réside pas dans le meilleur plan, mais dans la question de savoir quel plan verra ses décisions se transformer en étapes d’exécution ; et nous ne disposons malheureusement pas du pouvoir de déterminer quel sera ce plan. Il est très important de se projeter au-delà des décisions de financement : quel impact produiront-elles ? Et comment peut-on le mesurer ? Quelles priorités satisferont-elles ? Et comment y parviendront-elles ? Et nous, Palestiniens, comment les surveillerons-nous ?
Al-Farra souligne qu’il est très important qu’il y ait un accord sur une méthodologie de mesure acceptable du point de vue palestinien, et qu’il est très important de commencer à réfléchir, indépendamment du plan, à la norme de référence, à son résultat, au plan dont les décisions seront transformées en financement, et à la manière dont ce financement peut être garanti.
Il a déclaré : « Le plus important est que les familles palestiniennes de Gaza doivent percevoir l’impact, et que leurs souffrances se traduisent par des solutions et des résultats. Le plus important est que nous commencions à mesurer et à établir le lien entre Gaza et le reste des territoires palestiniens ; Gaza ne peut pas être séparée de la Cisjordanie et de Jérusalem. Il est très important d’examiner quels plans se transformeront en décisions, comment le financement sera dépensé et comment il produira les résultats requis. Et si le facteur temps tarde maintenant, quelle est la solution à la souffrance quotidienne du citoyen qui se trouve dans une tente délabrée à Gaza ? ».
## Le soulever actuellement relève d’une forme de luxe qui ne correspond pas à la réalité
Tandis que l’expert économique Dr Omar Shaban — fondateur et directeur de l’institution PalThink for Strategic Studies, bande de Gaza — doute de la disposition des pays du monde, y compris arabes, à financer un plan de reconstruction de la bande de Gaza, en se fondant sur le recul de l’intérêt international pour la reconstruction dans un contexte de poursuite de la guerre et des bombardements quotidiens, se demandant qui financera la reconstruction et comment il est possible de déterminer les priorités des États et des parties de soutien alors qu’ils ont eux-mêmes d’autres crises et priorités.
Dr Shaban affirme que certains plans de reconstruction ont été élaborés sans aucune participation palestinienne, ce qui confirme que l’on ne peut dissocier le discours sur la reconstruction de la réalité sécuritaire et politique existante, alors que persistent les restrictions à l’entrée des matériaux dans le territoire et leur soumission à l’approbation israélien…
Texte © Al-Hadath (Ramallah) — archivé ici avec attribution à la source. — Traduction automatique à des fins d'archivage. — Source d'origine