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Gaza : la course à l’aide humanitaire dans une enclave dévastée

Corriere della Sera · 2021-05-22

L’article décrit des militants du Hamas près de Khan Younis attendant de retrouver les corps de leurs camarades supposés ensevelis dans des tunnels bombardés par Israël, alors que chaque camp cherche à imposer un récit de victoire après le cessez-le-feu. Il met aussi l’accent sur la lutte autour du financement de la reconstruction de Gaza, Omar Shaban avertissant du manque de transparence des fonds acheminés soit par l’Autorité palestinienne, soit par l’aide qatarie en espèces, tandis que des centaines de familles attendent toujours des indemnisations pour des guerres précédentes. Le texte montre enfin les difficultés d’habitants comme Abdelhadi Musallam, qui n’a toujours pas été remboursé de ses dépenses de reconstruction passées et dont la maison a de nouveau été endommagée lors des derniers combats.

L’article décrit des militants du Hamas près de Khan Younis attendant de retrouver les corps de leurs camarades supposés ensevelis dans des tunnels bombardés par Israël, alors que chaque camp cherche à imposer un récit de victoire après le cessez-le-feu. Il met aussi l’accent sur la lutte autour du…

DE NOTRE ENVOYÉ À GAZA - La route de terre coupe à travers les champs vers l’Est et vers la tourelle de garde de l’autre côté de la barrière. Les figuiers de Barbarie servent de glissière épineuse, la plante est un symbole aussi bien pour les Palestiniens que pour les Israéliens (sabra en hébreu est le surnom des premiers pionniers), tous deux en admirent la détermination mordante. Il est interdit d’aller au-delà des paramilitaires en tenue de camouflage claire ; autour d’eux, à l’ombre, sont assis d’autres groupes d’hommes qui, eux, ont laissé la tenue de camouflage chez eux. Ils passent ici toute la journée, ils y étaient déjà vendredi depuis les premières heures de la trêve jusqu’au coucher du soleil, ils regardent les excavatrices non loin de là, ils attendent de voir si un corps émergera du sable, là-dessous se trouvent leurs camarades d’armes.

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« Je ne réponds pas ». Aucun des miliciens ne parle, mais à Khan Younis tout le monde sait qu’au quatrième jour de la guerre certains d’entre eux sont descendus dans le système de galeries pour les ravitailler en nourriture et en eau, tandis que les commandants des Brigades Ezzedin Al Qassam croyaient que les Israéliens s’apprêtaient à envahir la Bande. C’était un stratagème et, ensevelie dans les tunnels bombardés par l’aviation, cette avant-garde y est restée. Combien ils sont — pour l’instant une vingtaine de cadavres ont été récupérés — pourrait faire la différence pour le gouvernement israélien qui, jusqu’au bout, a poursuivi une image de victoire.

Peut-être est-il trop tard. Mohammed Deif — le chef militaire du Hamas, né justement à Khan Younis — est déjà le plus célébré parmi les dirigeants fondamentalistes, l’obscurité de la clandestinité dans laquelle il vit depuis 30 ans a contribué à éclairer sa légende aussi parmi les Palestiniens de Jérusalem-Est et de Cisjordanie. Tout cela au détriment du respect porté au président Abou Mazen, au pouvoir depuis 16 ans : hier auraient dû se tenir — le raïs les a annoncées puis annulées — les premières élections législatives depuis 2006 ; cette année-là, le Hamas les avait remportées et, un an plus tard, a retiré par un coup d’État le contrôle de la Bande à l’Autorité de Ramallah.

Ainsi la bataille pour les cœurs et les esprits — comme l’appelait le général américain Stanley McChrystal en Afghanistan — passe par le portefeuille des donateurs et par la question de savoir qui doit y avoir accès. Joe Biden, depuis la Maison-Blanche, répète que tout financement pour la reconstruction de Gaza sera versé au gouvernement d’Abou Mazen. « Le problème, c’est qu’il n’y a pas de transparence — explique Omar Shaban, fondateur de l’organisation indépendante PalThink — et les pays hésitent à verser à l’Autorité palestinienne les sommes promises parce qu’ils craignent qu’elles se dispersent. C’est déjà arrivé avec la conférence des donateurs après la guerre de l’été 2014 ».

Le Qatar a décidé d’ouvrir sa représentation — un cube de marbre blanc sur le front de mer de la Bande — et les centaines de millions de dollars transportés dans des valises par l’ambassadeur ont été distribués au Hamas. Avec l’aval du gouvernement de Benjamin Netanyahu. « De cette manière, les Israéliens ont de fait permis aux intégristes de se renforcer — poursuit Shaban —. Je propose de créer un fonds spécial, avec un conseil de garantie, qui établisse les priorités et supervise l’utilisation des aides ». Le petit émirat du Golfe, en quête de grandeur diplomatique, effectue des livraisons en espèces et il devient impossible de vérifier comment elles sont utilisées. Six cents familles attendent encore de recevoir les contributions pour reconstruire les maisons détruites durant les presque deux mois de conflit entre juillet et août il y a sept ans.

Abdelhadi Musallam doit encore rembourser l’argent demandé alors à ses amis et à ses proches. Pour rendre à nouveau habitable l’immeuble familial dans le camp de réfugiés de Bureij, il avait besoin de 8 000 dollars ; dans la Bande, plus de la moitié des deux millions d’habitants vit sous le seuil d’extrême pauvreté, fixé par les bureaucrates du désespoir à 1,90 dollar par jour. Les fonctionnaires locaux des Nations unies lui ont dit d’avancer la somme, elle lui serait remboursée dès que son nom remonterait sur la liste. « J’attends encore. Entre-temps, voilà ce qui est arrivé », dit-il en malaxant le ciment et en réparant les déchirures sur le toit. La maison d’à côté a été prise pour cible la semaine dernière, elle appartient à un commandant du Hamas ; les blocs de ciment et de métal ont volé de l’autre côté de la ruelle, ils ont aussi dévasté les pièces d’Abdelhadi. L’ONU estime que pendant ces 11 jours de conflit — les Palestiniens tués par les bombardements sont près de 250, 13 Israéliens ont été tués par les roquettes lancées par les fondamentalistes — les habitations détruites sont au nombre de 2 000, celles endommagées de 17 000.

Texte © Corriere della Sera — archivé ici avec attribution à la source. — Traduction automatique à des fins d'archivage. — Source d'origine

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