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Le rapport de la Banque mondiale sur l'économie palestinienne annonce des conditions difficiles

Omar Shaban Ismail · QudsNet · 2019

Lecture analytique du rapport de la Banque mondiale sur l'économie palestinienne et des indicateurs préoccupants qu'il révèle quant aux conditions de vie des Palestiniens.

Lecture analytique du rapport de la Banque mondiale sur l'économie palestinienne et des indicateurs préoccupants qu'il révèle quant aux conditions de vie des…

La Banque mondiale présentera son rapport sur l'économie palestinienne lors de la conférence des donateurs prévue à la fin de ce mois, « avril 2019 », dans la capitale belge, Bruxelles. Le rapport laisse entrevoir des indicateurs difficiles pour la situation économique palestinienne. Voici un résumé de ce que contient ce rapport, qui n'a pas encore été publié.

• L'économie palestinienne n'a connu « aucune croissance réelle » en 2018 : l'économie de Gaza s'est contractée d'environ 7 %, tandis que la Cisjordanie affichait une performance faible, inférieure à 1 %. Dans le même temps, la croissance démographique a atteint 3 %, ce qui a bridé la capacité de l'Autorité à fournir les services rendus nécessaires par cette augmentation de la population.

• Le rapport met l'accent sur les effets très négatifs de la politique israélienne d'interdiction ou de rationnement de l'entrée des biens à double usage dans les territoires palestiniens, et non dans la seule bande de Gaza. Il passe en revue l'incidence de cette politique sur les secteurs économiques palestiniens, parmi lesquels : le médicament, les industries laitières et alimentaires, le secteur des industries chimiques, celui des industries technologiques et d'autres encore.

• Le rapport appelle le gouvernement israélien à alléger les restrictions sur les biens à double usage qu'il applique aux territoires de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Il affirme que, si ces restrictions étaient allégées, l'économie de la Cisjordanie croîtrait de 6 %, et dans une proportion plus élevée dans la bande de Gaza, pouvant atteindre 11 % en 2025.

• Le taux de chômage moyen dans les territoires palestiniens a atteint 31 %, soit 2,4 % de plus qu'en 2017. En Cisjordanie, il s'établit à 17 %, tandis que le chômage parmi les personnes en âge de travailler à Gaza a atteint 52 % en 2018, contre 44 % en 2017. Le taux de chômage des diplômés de la bande de Gaza est le plus élevé au monde : il atteint 68 % au total et 76 % parmi les diplômées.

• 46 % des habitants de la bande de Gaza vivent sous le seuil de pauvreté, estimé à cinq dollars et demi par jour, alors que cette proportion est de 9 % en Cisjordanie.

• Le rapport met en garde contre l'élargissement du déficit de financement du budget de l'Autorité, qui passerait de 400 millions de dollars en 2018 à plus d'un milliard de dollars en 2019. Cet avertissement est intervenu à la suite des récentes mesures israéliennes de retenue de 138 millions de dollars sur les recettes fiscales de compensation palestiniennes qu'Israël collecte pour le compte de l'Autorité en vertu du Protocole économique de Paris, et alors que l'Autorité palestinienne a refusé, en signe de protestation, d'accepter le reliquat de ces recettes fiscales.

• Les transferts de compensation représentent 65 % des recettes publiques de l'Autorité et 15 % du revenu national palestinien total.

• L'Autorité est parvenue à réduire de 8 % la facture des dépenses publiques en 2018 par rapport à l'année précédente, et de 16 % la facture des salaires. Cela tient principalement, « selon ce qu'indique le rapport », à la réduction des salaires des fonctionnaires de l'Autorité dans la bande de Gaza et à la résiliation des contrats de milliers d'entre eux. Le rapport précise : d'après le ministère palestinien des Finances, le nombre d'employés du secteur public a diminué de 23 500 personnes, dont 500 dans les gouvernorats du Nord et 23 000 dans les gouvernorats de Gaza.

• Le taux de croissance réelle attendu en Cisjordanie ne dépassera pas 1 % au cours des prochaines années (2019-2021), un taux trop faible pour répondre aux besoins de la croissance démographique et à la demande d'emplois ; les taux de chômage et de pauvreté devraient donc augmenter.

• Le secteur bancaire en Palestine continue de dégager des bénéfices en dépit de conditions économiques dégradées : le volume des actifs de ce secteur a atteint 15 milliards de dollars. Le rapport crédits/dépôts est d'environ 50 %, dont la plus grande part va aux facilités commerciales et au secteur immobilier, et une faible part aux secteurs industriels et aux autres secteurs productifs.

• L'endettement de l'Autorité nationale palestinienne auprès des banques a atteint 1,5 milliard de dollars et celui des fonctionnaires 2,8 milliards de dollars : l'endettement des deux réunis s'élève donc à 4,3 milliards de dollars en 2018, ce qui représente 38 % du total des facilités bancaires accordées.

• Le volume de l'aide internationale s'est élevé à 718 millions de dollars en 2017 (dont 543 millions au titre de l'aide arabe), avant de reculer à 676 millions de dollars en 2018 (dont 516 millions de dollars d'aide arabe).

• L'Arabie saoudite est le premier donateur arabe, avec 92 millions de dollars en 2017 ; sa contribution est passée à 222 millions de dollars en 2018. La contribution de la Banque mondiale s'est élevée à 76 millions en 2017 et a chuté à 10 millions en 2018.

Le rapport dresse un tableau pessimiste des perspectives de l'économie palestinienne, avec la poursuite des mesures israéliennes et de la politique du président Trump à l'égard de l'Autorité et de l'UNRWA ainsi que l'arrêt de ses projets dans les territoires palestiniens, et avec le recul d'une partie des financements occidentaux et arabes, sans négliger l'impact négatif persistant de la division palestinienne sur la situation économique et sociale.

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