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Crise financière de l'Autorité palestinienne : Gaza n'est pas le problème — il faut une transparence totale

Omar Shaban Ismail · PalThink for Strategic Studies · 2012

Un commentaire qui récuse l'idée d'imputer à Gaza le déficit budgétaire de l'Autorité palestinienne et réclame une transparence totale sur les recettes et les dépenses avant toute attribution de responsabilité.

Un commentaire qui récuse l'idée d'imputer à Gaza le déficit budgétaire de l'Autorité palestinienne et réclame une transparence totale sur les recettes et les dépenses…

L'Autorité palestinienne (AP) traverse une crise financière étouffante, qui se traduit par le retard dans le versement des salaires de ses fonctionnaires. De nombreux responsables ont accusé Gaza d'être à l'origine de la crise, comme s'ils voulaient suggérer une séparation unilatérale d'avec la bande de Gaza afin d'en sortir. Le dernier à s'être exprimé sur cette crise, alors qu'il aurait dû être le premier à le faire, est le ministre des Finances lui-même, le docteur Nabil Qeses, qui a annoncé sur le site Internet que « le ministère des Finances retardera le versement des salaires de l'Autorité palestinienne en raison de la crise financière et de l'état d'austérité annoncé ». Non seulement cette crise menace l'existence de 170 000 employés et de leurs familles, mais elle affecte aussi la structure de la société palestinienne et la stabilité de l'Autorité elle-même. Sortir de cette crise est sans nul doute une mission impossible pour le ministre des Finances, tant l'Autorité en souffre depuis de longues années. À la différence du film américain « Mission impossible », cette crise-ci est réelle, sérieuse et critique. Voici quelques points et questions que le ministre des Finances de l'Autorité palestinienne devrait aborder :

– Le site Internet du ministère des Finances ne contient que très peu d'informations sur la situation financière de l'Autorité palestinienne. On y trouve d'anciens rapports couvrant des périodes qui s'arrêtent en 2009. Ce site doit donc être développé afin d'y intégrer des informations actualisées et des détails suffisants sur la situation financière ainsi que sur toute autre évolution.

– L'information relative à la crise, publiée sur le site Internet du ministère des Finances, comportait une contradiction majeure entre deux éléments : 1) le non-versement des salaires et 2) la proclamation de l'état d'austérité. Il aurait fallu dire en réalité : « le ministère des Finances proclame l'état d'austérité afin de payer les salaires ». Si l'état d'austérité commence par ne pas verser les salaires, je me demande bien par qui il finira !! Je suggère au ministre des Finances de rompre ce silence et de parler franchement de la situation financière de l'Autorité, avec une transparence totale et des détails suffisants pour répondre aux questions suivantes :

– Combien l'Autorité palestinienne compte-t-elle d'employés à ce jour ? À combien s'élève l'ensemble des salaires, primes, indemnités et rémunérations ?

– Combien de contrats de consultance l'Autorité palestinienne a-t-elle conclus ? En a-t-elle réellement besoin, alors que les indemnités de chacun de ces contrats atteignent 10 000 dollars américains par mois ? Existe-t-il un plan pour mettre fin à ces contrats de consultance dans le cadre de cet état d'austérité ? La loi de finances de 2012 affirmait que les rémunérations des contrats de consultance seraient réduites jusqu'à 30 %.

2. L'Autorité palestinienne et la bande de Gaza :

– Combien d'employés de l'Autorité palestinienne originaires de la bande de Gaza perçoivent-ils encore leur salaire ? À combien s'élève le montant global de ces salaires et quelle en est la part dans le budget total de l'Autorité palestinienne !! Combien d'employés de la bande de Gaza ont-ils été recrutés au cours des cinq dernières années, et combien d'employés basés à Gaza ont-ils été licenciés ? De précédents rapports du ministère des Finances indiquent que le nombre d'employés de Gaza a diminué depuis 2007 et qu'aucun employé de la bande de Gaza n'a été nommé depuis lors !

– Quelles sont les autres obligations financières de l'Autorité palestinienne à l'égard de la bande de Gaza ? La loi de finances générale de 2012 indique que la bande de Gaza absorbe jusqu'à 45 % du budget de fonctionnement, et non du budget général. Selon mon évaluation, ce chiffre est inexact : Gaza ne consomme pas plus de 18 % du budget général. Cette question doit être clarifiée en détail afin de limiter la culture de haine et d'incitation que pratiquent certaines personnes et certaines instances.

3. Les dettes générales de l'Autorité palestinienne :

– À combien s'élèvent les dettes de l'Autorité palestinienne envers les entités suivantes :

– Les banques palestiniennes

– Le secteur privé ; entrepreneurs, sociétés fournissant des médicaments, … etc.

– Les banques internationales.

– Le taux d'intérêt appliqué à ces dettes / prêts.

– Est-il vrai que l'Autorité palestinienne a emprunté jusqu'à un milliard de dollars américains à la caisse de retraite ? Mes informations indiquent que le montant emprunté a dépassé cette somme et atteint 2 milliards de dollars américains ; quels sont donc les scénarios envisageables pour récupérer cet argent en cas de dissolution de l'Autorité palestinienne ? Il convient de rappeler que l'Autorité n'a pas le droit d'emprunter à la caisse de retraite sans le consentement des épargnants et des retraités.

La conférence des donateurs de Charm el-Cheikh s'est tenue le 2 mars 2009 pour la reconstruction de la bande de Gaza. Les donateurs y ont affecté 5,2 milliards de dollars à la reconstruction. Ce chiffre dépassait les attentes de l'Autorité palestinienne, qui avait demandé 1,4 milliard de dollars (40 %) pour reconstruire la bande de Gaza, tandis qu'elle sollicitait 1,8 milliard de dollars américains supplémentaires pour soutenir le budget général. Ma question est la suivante : quelle part de ces promesses a-t-elle été exécutée, et sur quels postes !! Car la plupart des donateurs, à l'exception des États-Unis, ne subordonnent pas leur soutien à l'Autorité palestinienne à des conditions politiques particulières. Comment la crise peut-elle être justifiée chaque mois alors que les donateurs prennent leurs engagements sur une base annuelle ? Selon certains responsables de l'Autorité palestinienne, la crise serait due au fait que les donateurs n'ont pas honoré ce qu'ils avaient promis. Quels sont ces pays ? Pourquoi n'ont-ils pas tenu leurs promesses ? Des contraintes politiques se cachent-elles derrière ces positions ?

– D'après le budget de l'État pour 2012, la compensation fiscale avec Israël fournit 66 % des recettes globales de l'Autorité palestinienne (1,5 milliard de dollars américains) ; ajoutées à d'autres recettes s'élevant à un milliard de dollars américains, ces sommes suffisent à payer les deux tiers des salaires des employés sans l'aide internationale.

– Combien l'Autorité palestinienne compte-t-elle d'ambassades et de représentations à travers le monde !!! En avons-nous réellement besoin !! Sachant la faiblesse des performances diplomatiques extérieures de l'Autorité palestinienne ? Il serait utile d'indiquer le nombre d'ambassadeurs et de nouveaux employés recrutés récemment dans la bande de Gaza, ainsi que le mécanisme de nomination.

6. Le Fonds d'investissement palestinien (PIF) :

– Le Fonds d'investissement palestinien (PIF) avait déjà contribué à aider l'Autorité palestinienne à résoudre ses problèmes financiers en 2005 et en 2006. Pourquoi ce fonds ne prête-t-il pas à l'Autorité palestinienne dans la crise actuelle, au lieu de gonfler la fortune de quelques personnes et de sociétés monopolistiques qui en tirent un profit considérable ?

En définitive, le peuple palestinien a le droit de connaître la vérité, les détails et l'ampleur de la crise, aussi rude soit-elle.

Thème : Palestinian Politics — Source d'origine

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