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L'économie iranienne vacille sous les sanctions américaines

Omar Shaban Ismail · QudsNet · 2019

Analyse de l'impact croissant des sanctions américaines sur l'économie iranienne et des implications régionales de cette crise économique.

La décision américaine d'approfondir les sanctions contre l'Iran et d'imposer une interdiction totale des ventes de pétrole iranien constituera un coup très douloureux pour l'économie iranienne, qui souffre déjà de conditions difficiles depuis le début des sanctions internationales prises à son encontre — des sanctions entamées peu avant la conclusion, en 2015, de l'accord avec l'Occident sur le programme nucléaire iranien.

En mai 2018, le président américain Trump a décidé de se retirer de cet accord, sans concertation ni aval des autres États qui y étaient parties. Depuis lors, l'administration américaine a recommencé à imposer des politiques punitives à l'Iran ; ces sanctions ont provoqué des crises profondes et multiples : elles ont entraîné une très forte hausse de l'inflation et l'effondrement de la monnaie iranienne face aux devises fortes, et ont gravement perturbé le fonctionnement des banques. Elles ont poussé de nombreuses entreprises internationales à se retirer du marché iranien, et plusieurs sociétés internationales se sont abstenues de fournir les intrants et les biens intermédiaires nécessaires à l'industrie et à l'agriculture, ce qui a lourdement affecté les secteurs productifs — au point que le président iranien Hassan Rohani a reconnu, à la fin du mois de janvier dernier, que « son pays traverse la situation économique la plus difficile depuis 40 ans ».

Le pétrole représente l'un des piliers les plus importants de l'économie en Iran, laquelle a atteint 450 milliards de dollars en 2017. Les exportations pétrolières constituent 80 % de l'ensemble des exportations iraniennes et 60 % de la totalité des recettes budgétaires. L'Iran occupe par ailleurs le quatrième rang mondial pour ses réserves prouvées, dont le volume atteint 150 milliards de barils. Avant les sanctions, l'Iran produisait 6 millions de barils par jour ; ce chiffre est aujourd'hui retombé à 2 ou 3 millions de barils par jour. Le Fonds monétaire international prévoyait en outre une contraction de l'économie iranienne de 1,5 % en 2018, puis de 3,6 % cette année, en 2019.

Si les ventes de pétrole iranien venaient à s'interrompre, les prix du brut devraient augmenter, à moins que les autres pays producteurs, comme l'Arabie saoudite et les Émirats, ne s'empressent d'accroître leur capacité de production pour combler le déficit — ce qui sert leurs propres intérêts, que ce soit par l'augmentation du volume produit ou par l'obtention de prix plus élevés pour leur pétrole.

Certains se demanderont peut-être si les États-Unis parviendront à imposer leur volonté à l'ensemble des pays et des entreprises pour qu'ils cessent d'acheter du pétrole iranien : la réponse est non. De nombreux pays, parmi lesquels des États européens, entretiennent avec l'Iran des intérêts économiques stratégiques et s'emploieront à contourner autant que possible les sanctions américaines. L'Iran n'est pas un petit pays : il possède une économie forte et diversifiée, il partage des frontières avec de nombreux pays et occupe une position centrale. Beaucoup d'entreprises internationales chercheront à tirer parti de ces sanctions pour acheter du pétrole iranien à des prix très inférieurs à ceux du marché.

Il ne fait aucun doute que les sanctions américaines aggraveront la crise économique et politique en Iran, mais elles ne constitueront pas une condamnation à mort pour l'économie iranienne.

Pour Mostafa Mirsali, ancien candidat à la présidence et membre actuel du Conseil de discernement de l'intérêt du régime iranien, la crise que connaît l'Iran ne tient pas uniquement aux sanctions américaines, mais aussi à la propagation de la corruption et du favoritisme, ainsi qu'au fait de ne pas recourir aux compétences dans les ministères.

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