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Les perspectives des Gazaouis sur la gouvernance future : visions divergentes et fortes aspirations

Omar Shaban Ismail · Arab Reform Initiative · 2025

S'appuyant sur de nombreux entretiens approfondis menés auprès d'habitants de Gaza, cette étude révèle des points de vue divergents sur la gouvernance future et les fortes aspirations que les Palestiniens nourrissent à l'égard des arrangements institutionnels d'après-guerre.

S'appuyant sur de nombreux entretiens approfondis menés auprès d'habitants de Gaza, cette étude révèle des points de vue divergents sur la gouvernance future et les…

La récente guerre de Gaza et l’accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël – après 470 jours de bombardements, de tueries, de destruction et de déplacement forcé – marquent un moment charnière dans l’histoire de la cause palestinienne et dans l’avenir du peuple palestinien, qui aspire à réaliser l’unité nationale et à mettre fin à un siècle de souffrances.

Aujourd’hui, l’investissement national dans la guerre de Gaza et dans ses résultats représente le défi le plus pressant pour l’ensemble des parties palestiniennes. Si le cessez-le-feu offre un répit aux habitants de Gaza, l’absence de consensus sur la gouvernance de l’après-guerre, combinée aux complexités de la reconstruction et aux interventions étrangères potentielles, jette le doute et l’incertitude sur l’avenir de la région. Israël a cherché – et continue de chercher – à transformer la bataille récente en une occasion de « corriger l’erreur historique » des précédents gouvernements israéliens qui n’ont pas achevé le déplacement forcé et l’élimination de la présence palestinienne de la Palestine historique. Cela s’explique par le fait que l’équilibre démographique en Palestine historique est favorable aux Palestiniens, menaçant la stabilité et la croissance du projet sioniste, selon les avertissements formulés par des chercheurs israéliens dans des centres de recherche sur la sécurité nationale au cours des deux dernières décennies. Cette menace démographique explique le comportement brutal et fasciste d’Israël, qui vise à rendre Gaza inhabitable, en créant des conditions qui rendent le déplacement forcé inévitable et une question de temps pour les Palestiniens. Israël a ciblé de manière systématique et délibérée l’ensemble des infrastructures civiles vitales, y compris les hôpitaux, les écoles, les routes, les réseaux de transport et les services publics, afin de pousser les Palestiniens à chercher une échappatoire individuelle en raison des conditions insupportables imposées par Israël.

Les Palestiniens se retrouvent comme de simples récepteurs passifs des discussions sur l’avenir de Gaza après la guerre, divisés par des différends internes qui ont affaibli la position palestinienne collective. Trois questions cruciales se sont détériorées avant et pendant la guerre. La première est la représentation palestinienne, qui souffre d’une dualité évidente : le monde négocie avec le Hamas sur les otages et le cessez-le-feu tout en traitant avec l’Autorité palestinienne (AP) sur les arrangements politiques pour Gaza. La deuxième question concerne l’État palestinien, Israël refusant toute forme d’unité territoriale palestinienne après la guerre. La troisième question concerne le mouvement national palestinien, qui a subi un coup sévère dans la conscience collective palestinienne, puisqu’il n’a pas réussi à fournir un véritable modèle pour renforcer la résilience des citoyens à Gaza ni à réaliser la cohésion nationale entre les communautés palestiniennes pendant plus de 15 mois de guerre.

Les citoyens de Gaza observent leur situation avec un profond pessimisme, ayant presque perdu foi dans la direction politique palestinienne et dans les acteurs internationaux quant à leur capacité à offrir une voie vers une véritable libération nationale et l’indépendance. Le pessimisme est devenu une caractéristique déterminante des citoyens vivant dans des conditions dures et misérables, les privant de l’équilibre émotionnel nécessaire pour imaginer leur avenir national.

Malgré la diversité des opinions sur la gouvernance future de Gaza après la guerre et sur les interventions attendues des puissances étrangères, y compris Israël, ce document vise à analyser la perspective des citoyens palestiniens de Gaza concernant leur avenir politique à la lumière des conséquences de la guerre. Il examine différentes perspectives politiques sur la gouvernance dans les territoires palestiniens et la faisabilité de transformer l’épreuve actuelle en une véritable opportunité de réaliser une indépendance nationale pleine et entière.

Ce document repose sur une revue approfondie de la littérature et des études antérieures sur l’avenir palestinien, ainsi que sur des entretiens approfondis avec des élites, des écrivains et des intellectuels afin d’explorer leurs perspectives sur cet avenir.

## Contexte général : la question négligée de la gouvernance à Gaza

La destruction causée par la récente guerre à Gaza a aggravé les crises existantes, entraînant des dommages majeurs aux infrastructures ainsi qu’aux structures sociales, économiques et politiques, rendant l’avenir plus incertain et plus détaché des besoins des habitants de Gaza. Alors que Gaza se trouve à un carrefour stratégique, ses habitants font face à un sentiment croissant d’impuissance et de frustration du fait de leur exclusion de tout rôle significatif dans la définition de leur avenir, qui semble être planifié par des acteurs extérieurs très éloignés d’eux.

Selon une enquête de 2023 menée par l’Arab Barometer, plus de 75 % des habitants de Gaza estiment que la communauté internationale n’a pas apporté le soutien nécessaire pour améliorer leurs conditions, en raison de l’absence d’efforts véritables pour résoudre la crise et de la poursuite du blocus imposé depuis plus de 15 ans.

Sur le plan politique, le fossé entre la population et les directions locales comme internationales continue de se creuser. La scène intérieure à Gaza est profondément divisée entre les factions palestiniennes, laissant les habitants se sentir comme les otages d’une division qui entrave toute tentative sérieuse de changement. Entre-temps, les Gazaouis se sentent exclus des processus de prise de décision politique qui déterminent leur avenir. Beaucoup estiment que leurs voix sont ignorées et que les questions qui les concernent sont marginalisées au profit d’agendas extérieurs uniquement centrés sur la sécurité et la stabilité plutôt que sur leurs besoins humanitaires et économiques.

Sur le plan économique, la guerre a provoqué un effondrement total de l’économie de Gaza. Les taux de chômage ont atteint des niveaux sans précédent, dépassant 80 % chez les jeunes, ce qui rend les possibilités d’emploi pratiquement inexistantes. Cette crise économique reflète également la frustration généralisée et le sentiment d’impuissance parmi les habitants, qui se retrouvent piégés dans un cycle de pauvreté et de dépendance totale à l’aide humanitaire.

Au-delà des effets directs de la guerre, il est important de souligner la profonde crise de confiance qui existe entre les citoyens palestiniens et leur système politique. Cette crise façonne la vision et les perceptions qu’ont les Palestiniens de l’avenir de Gaza et a de multiples causes, notamment :

Une histoire politique tumultueuse : Depuis la division politique palestinienne de 2007, la Palestine a connu une phase sans précédent de fragmentation géographique et institutionnelle entre la Cisjordanie et Gaza. Cette division n’était pas simplement une scission politique temporaire, mais elle a évolué en une réalité structurelle qui a affaibli le système politique palestinien et profondément affecté tous les aspects de la vie quotidienne. Gaza est devenue une entité complètement isolée, conduisant à l’émergence de deux autorités distinctes, chacune avec son propre agenda politique et administratif. Cette division a érodé la confiance du public, car de nombreux Palestiniens ont estimé que la direction politique privilégiait ses conflits internes au détriment de la réponse aux défis nationaux. Au fil du temps, cette situation est devenue une réalité tragique qui a renforcé les doutes quant à la capacité de la direction à restaurer l’unité nationale et à atteindre des objectifs communs.

Érosion de la légitimité politique : L’absence d’élections palestiniennes depuis 2006 a porté un coup sévère au concept de légitimité politique dans les territoires palestiniens. En l’absence de tout processus électoral reflétant la volonté du peuple, un sentiment largement répandu s’est développé parmi les Palestiniens selon lequel leur direction politique ne les représente plus. Cela a conduit à une frustration importante parmi les citoyens, qui considèrent le système politique comme un instrument servant à consolider des intérêts factionnels plutôt qu’à servir l’intérêt national. Selon l’enquête Arab Barometer 2024, 60 % des habitants de Gaza ont exprimé une absence de confiance envers leur direction politique. Ce pourcentage élevé reflète une frustration collective et un fort déclin de la confiance dans la capacité du système à répondre aux aspirations du public.

Réalité économique et sociale : Le blocus israélien en cours depuis plus de deux décennies, ainsi que les guerres répétées, ont créé à Gaza un environnement économique et social étouffant. Les habitants vivent dans des conditions difficiles, le chômage atteignant des niveaux sans précédent – passant de plus de 47 % en 2023 parmi les jeunes à plus de 80 % en 2024. Ces difficultés économiques ont déplacé les priorités quotidiennes des habitants de Gaza vers la simple survie – assurer les besoins essentiels comme la nourriture, l’eau et un abri. Dans ce contexte, la participation politique et sociale a diminué, beaucoup estimant qu’il y a peu d’intérêt à s’engager dans un système politique qui ne parvient pas à améliorer leur réalité. En outre, l’écart entre la société et la direction s’est creusé à mesure que les services continuent de se détériorer.

## Les perceptions palestiniennes de l’avenir de Gaza après la guerre

La question cruciale est la suivante : à quoi ressemble le lendemain pour Gaza ? Cette question n’est pas simplement procédurale ou opérationnelle, elle est profondément politique. Elle cherche à explorer les possibilités dont disposent les Palestiniens pour se gouverner eux-mêmes à Gaza. Il ne revient plus seulement aux Palestiniens de décider de leur structure de gouvernance. Cela n’implique pas de se soumettre aux exigences israéliennes comme à un destin inévitable, mais plutôt de reconnaître les facteurs et les déterminants susceptibles de conduire au succès ou à l’échec de toute option donnée.

Premièrement, il est essentiel de noter qu’après plus de 15 mois de génocide et l’altération délibérée et systématique par Israël de la conscience collective palestinienne, une grande partie du public palestinien en est venue à considérer la nécessité de mettre fin à la guerre et aux massacres de masse à n’importe quel prix. Par conséquent, les discussions sur les structures de gouvernance et le « lendemain » paraissent à beaucoup un luxe qu’ils ne peuvent pas se permettre en ce moment. Deuxièmement, il est important de reconnaître que la future gouvernance de Gaza est actuellement entourée de défis et d’opportunités dans de multiples directions. Par conséquent, ce document intégrera des perspectives fondées sur trois approches clés :

L’approche optimiste : Cette perspective considère la guerre récente et l’accord de cessez-le-feu qui a suivi comme une opportunité prometteuse pour un investissement national palestinien, obligeant Israël à reconnaître les droits palestiniens tels que stipulés par les résolutions successives de l’ONU et les décisions historiques du droit international humanitaire.1Cela comprend l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, ainsi que la décision récente de la Cour pénale internationale émettant des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Netanyahou et l’ancien ministre de la Défense Galant. La guerre a remodelé l’opinion publique mondiale sur le conflit israélo-palestinien,2Dr Imad Abu Hamma : chercheur en science politique, directeur du Centre Masarat pour la recherche sur les politiques publiques, Gaza, entretien personnel. avec une multiplication des voix à travers le monde opposées aux politiques israéliennes et une reconnaissance européenne croissante de l’État palestinien. Ainsi, selon cette perspective, les conditions actuelles sont plus favorables que jamais à l’isolement international d’Israël et à l’exercice de pressions sur celui-ci pour qu’il réponde à l’opposition mondiale à la poursuite de son occupation des territoires palestiniens. Cela signifie que la situation pourrait en fin de compte favoriser les revendications palestiniennes d’indépendance nationale, en offrant une chance de reconstruire une vision palestinienne unifiée qui mette fin à la division interne. Il convient de noter en particulier l’acceptation croissante par le Hamas de la solution à deux États comme base de résolution du conflit palestinien, une position à laquelle il s’était auparavant opposé, contrairement à l’Organisation de libération de la Palestine.

L’approche pessimiste : Les partisans de ce point de vue3Tayseer Muheisen : membre du Bureau politique du Parti du peuple palestinien, entretien personnel. considèrent la guerre récente comme une opportunité israélienne exceptionnelle de corriger les erreurs stratégiques passées, d’achever l’expulsion et l’élimination des Palestiniens, et de traiter le déséquilibre démographique avec les Palestiniens à l’intérieur de la Palestine historique, afin de résoudre finalement le conflit en faveur de la stabilité du régime colonial de peuplement. Israël cherche donc à imposer des réalités et à créer des conditions de vie hostiles qui rendent la vie invivable pour les Palestiniens, en sapant à la fois la sécurité individuelle et collective. Cette approche vise, en fin de compte, à réaliser un transfert « volontaire » des Palestiniens — non pas par la violence directe, mais par des circonstances insupportables. Dans ce contexte, Israël s’emploie à transformer Gaza, du modèle de la « grande prison » qui existait depuis des années, en un système fragmenté d’« îlots et de bulles » de population en voie d’effondrement. Les conséquences de la guerre sont utilisées pour détacher Gaza de la Cisjordanie et l’extraire entièrement du contexte national palestinien. À cette fin, Israël mène une campagne de destruction systématique pour éliminer tout potentiel de contribution de Gaza à la cause nationale palestinienne. Cela permettra ensuite à Israël d’isoler la Cisjordanie, en la transformant en enclaves déconnectées, consolidant ainsi l’annexion et l’expansion des colonies, pour finalement écarter le rêve national palestinien. Selon cette approche, le Hamas ne gouvernera plus Gaza, et l’Autorité palestinienne ne reviendra pas pour y rétablir son autorité. Depuis l’an dernier, Israël promeut de nouveaux modèles de gouvernance pour Gaza, notamment des conseils administratifs locaux, une force internationale arabo-pacifique de maintien de la paix, et une occupation militaire israélienne de longue durée.

L’approche conciliatrice : Cette approche examine les réalités sur le terrain et cherche à les relier aux perspectives politiques futures. Ses partisans estiment que la priorité est de mettre fin à la guerre, suivie des réformes nécessaires du système politique en Palestine afin de restaurer la légitimité des institutions nationales, en particulier l’OLP, le Conseil législatif palestinien et la Présidence palestinienne par le biais d’élections. Tant que cela n’est pas réalisé, l’État de Palestine pourrait demander à la Ligue des États arabes d’assumer une tutelle temporaire sur Gaza, afin de faciliter sa reconstruction et sa réhabilitation. Cela devrait s’accompagner de réformes politiques sérieuses de la part de l’Autorité palestinienne, prouvant sa crédibilité dans la réunification des territoires palestiniens.

Dans ce contexte, le rôle saoudien peut être mis à profit, en particulier compte tenu du désir d’Israël de normaliser ses relations avec l’Arabie saoudite. Toutefois, une telle normalisation devrait avoir un prix politique lié à un règlement juste et global de la cause palestinienne, d’autant plus que l’Arabie saoudite dirige une coalition internationale soutenant la solution à deux États. Grâce à une tutelle arabe et à des réformes politiques, la solution à deux États pourrait retrouver sa crédibilité et s’imposer dans le cadre du conflit, en freinant les politiques israéliennes unilatérales de séparation concernant Gaza.

## Aspirations des Gazaouis pour le jour d’après-guerre et moyens de les réaliser

Le peuple de Gaza vit sous le poids de guerres continues, où les conflits successifs détruisent tout — des infrastructures aux vies humaines. Chaque jour passe avec de grands espoirs d’un avenir meilleur. À la fin de chaque guerre, les Gazaouis expriment leurs aspirations pour le jour d’après — un jour où ils pourront revenir à une vie normale. Cependant, ces aspirations sont entourées de nombreux défis imposés par les conditions politiques, sociales et économiques. Dans ce contexte, les aspirations des Gazaouis peuvent être résumées en cinq domaines principaux :4Il s’agit des résultats d’un groupe de discussion composé de jeunes militants politiques issus de différents partis palestiniens, tenu à Gaza.

Reconstruction rapide des infrastructures et relance économique

La destruction massive des infrastructures de Gaza demeure l’un des défis les plus importants auxquels les Gazaouis sont confrontés après chaque guerre.

Selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, la dernière agression israélienne contre Gaza en 2023 a entraîné la destruction de plus de 50 000 unités de logement et des dommages à plus de 30 000 établissements commerciaux et industriels. Cette destruction massive entrave la capacité de Gaza à retrouver une activité économique normale. Ainsi, la population de Gaza aspire à reconstruire ces structures le plus rapidement possible, en mettant l’accent sur des projets créant des opportunités d’emploi et améliorant les conditions de vie. Dans ce contexte, le soutien international par le biais de l’aide humanitaire et du financement de la reconstruction devient essentiel. Des études montrent que pour chaque dollar investi dans des projets de reconstruction, environ 1,6 dollar est généré dans l’économie locale grâce à la création d’opportunités d’emploi et à la stimulation de différents secteurs économiques. Cependant, le blocus de Gaza demeure l’un des plus grands obstacles empêchant les habitants de réaliser leurs aspirations.

Pour reconstruire les infrastructures et revitaliser l’économie locale, les mesures suivantes sont nécessaires :

Investissement dans une reconstruction durable : Gaza a besoin d’investissements importants dans les infrastructures afin de créer des opportunités d’emploi et d’améliorer les services essentiels. La communauté internationale peut financer des projets de reconstruction des habitations et des équipements publics, en mettant l’accent sur des techniques de construction durables et respectueuses de l’environnement, telles que l’utilisation de matériaux locaux à faible coût. Un rapport de la Banque mondiale de 2021 a recommandé d’allouer 2 milliards de dollars à la reconstruction des infrastructures de Gaza, avec un accent particulier sur les secteurs de la santé et de l’éducation.

Lancement de programmes de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) : Les institutions gouvernementales et non gouvernementales peuvent promouvoir l’entrepreneuriat en fournissant un financement abordable et une formation professionnelle. Des programmes similaires dans des zones touchées par les conflits, y compris en Palestine, ont démontré que chaque dollar investi dans le soutien aux PME peut générer plus de 3 dollars de croissance du PIB.

Accélérer l’entrée des matériaux essentiels par les points de passage frontaliers : La rationalisation des procédures de sécurité et douanières est cruciale pour garantir l’arrivée rapide des matériaux de construction tels que le ciment et l’acier. Des études ont montré que l’accélération de ces procédures réduit directement les coûts et accroît l’efficacité des efforts de reconstruction.

Réformer le système politique palestinien et renforcer l’unité nationale

Les habitants de Gaza espèrent que la période d’après-guerre servira de tournant pour réformer le système politique palestinien, qui souffre depuis longtemps de profondes divisions entre les différentes factions politiques. De nombreuses études indiquent que le déclin de la confiance du public dans les institutions politiques palestiniennes au cours des dernières décennies a considérablement réduit la participation des citoyens au processus politique. Un sondage de 2023 réalisé par le Palestinian Center for Policy and Survey Research a révélé qu’environ 72 % des habitants de Gaza ont perdu confiance dans le système politique palestinien en raison de la division persistante entre le Fatah et le Hamas.

Par conséquent, les Palestiniens de Gaza aspirent à construire un système politique plus transparent et plus démocratique, qui permette à toutes les factions et à tous les groupes de la société de participer à la prise de décision. Ils recherchent des élections globales garantissant la représentation de tous les groupes palestiniens, y compris les femmes et les jeunes, dans les institutions politiques. En outre, la restructuration de l’OLP afin qu’elle représente tous les Palestiniens, à l’intérieur de la Palestine comme dans la diaspora, constitue une priorité absolue.

Pour réformer le système palestinien et renforcer l’unité nationale, les étapes suivantes sont nécessaires :

Une conférence nationale globale : Il est crucial de tenir une conférence palestinienne inclusive pour discuter de la réconciliation nationale et de la réforme politique. Cela devrait inclure des discussions sur l’unification des factions palestiniennes dans un cadre unique tout en préservant la diversité politique et idéologique. Un exemple notable est l’Accord du Caire de 2017 entre le Fatah et le Hamas, qui a enregistré certains progrès malgré les difficultés.

Réformer l’OLP : L’OLP doit être restructurée pour inclure toutes les factions palestiniennes, telles que le Hamas et le Jihad islamique, afin de créer une structure politique plus représentative. Des études indiquent qu’une représentation large des différentes factions renforce la confiance dans le système politique palestinien et consolide le discours politique.

Organiser des élections démocratiques transparentes : Il est essentiel d’organiser des élections libres et équitables qui reflètent la volonté du peuple palestinien. Dans ce contexte, garantir un environnement électoral sûr et indépendant est crucial. Selon l’Indice mondial de la démocratie de The Economist Intelligence Unit en 2016, les élections libres renforcent considérablement la participation politique et consolident la transparence.

Assurer la sécurité et la stabilité sociale

Après chaque guerre, les habitants de Gaza éprouvent une anxiété continue concernant leur sécurité et celle de leurs familles. Au-delà des menaces militaires, ils font face à des problèmes de sécurité intérieure dus aux vides de pouvoir créés par les guerres. Des rapports indiquent que la plupart des habitants de Gaza manquent de sécurité personnelle en raison de la prolifération des armes illégales et des conflits internes entre factions. Une étude de 2022 de l’Agence de presse palestinienne a révélé que 56 % des habitants de Gaza ne se sentent pas en sécurité en raison des différends internes et du factionnalisme politique.

Par conséquent, les Palestiniens cherchent à renforcer la sécurité sociétale en établissant des institutions sécuritaires indépendantes et efficaces qui garantissent la stabilité intérieure et réduisent l’absence d’ordre public et l’insécurité. Cela inclut le renforcement de la capacité des autorités locales à gérer les affaires de sécurité, à lutter contre la criminalité et à créer un environnement sûr permettant un retour à la vie normale.

Pour renforcer la sécurité et la stabilité sociale, il est nécessaire de :

Renforcer des institutions sécuritaires indépendantes : Le système de sécurité palestinien doit être restructuré afin d’êt…

Thème : Gaza Governance — Future governance · Gaza Politics · Interviews · Literature review — Texte © Arab Reform Initiative — archivé ici avec attribution à la source. — Source d'origine

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