Publication
Omar Shaban Ismail · Arab Reform Initiative · 2017
Une analyse de 2017 de l'Arab Reform Initiative portant sur les pourparlers triangulaires entre l'Égypte, le Hamas et Dahlan. Elle cartographie les logiques sécuritaires, financières et politiques qui animent chaque acteur, évalue quatre issues possibles – de la réconciliation à un accord administratif limité – et conclut que les arrangements en coulisses ne sauraient résoudre l'impasse structurelle de la gouvernance à Gaza.
Une analyse de 2017 de l'Arab Reform Initiative portant sur les pourparlers triangulaires entre l'Égypte, le Hamas et Dahlan.
Vers la mi-2017, une négociation triangulaire complexe avait émergé entre l'Égypte, le Hamas et Mohammed Dahlan — l'ancien homme fort du Fatah à Gaza, exilé, qui s'était positionné comme intermédiaire entre Abou Dabi et Le Caire. Le calcul égyptien était dicté par des préoccupations sécuritaires : les liens présumés du Hamas avec l'insurrection dans le Sinaï, la porosité de la frontière de Rafah et le désir du Caire de rétablir le contrôle sur sa frontière orientale. Dahlan, soutenu financièrement par les Émirats arabes unis, offrait au Hamas une bouée de sauvetage financière potentielle à un moment où le gouvernement de Gaza était confronté à un effondrement fiscal, les salaires des fonctionnaires accusant plusieurs mois de retard.
Les résultats possibles de ces pourparlers allaient d'un accord de réconciliation formel à un accord administratif plus limité. Le scénario le plus discuté était la prise en charge par un comité technocratique soutenu par Dahlan de certaines fonctions administratives à Gaza — contournant de fait à la fois la direction politique du Hamas et l'Autorité palestinienne basée à Ramallah. Cet arrangement aurait permis au Qatar, à la Turquie et à l'Iran de réduire leur exposition financière envers le Hamas tandis que l'Égypte réhabilitait son rôle d'intermédiaire indispensable pour Gaza.
Cependant, les obstacles fondamentaux étaient structurels. Le Hamas ne pouvait accepter le retour de Dahlan à Gaza sans risquer une crise interne — Dahlan était accusé par le Hamas d'être responsable du conflit de 2007 et était profondément impopulaire au sein de la base du mouvement. L'Autorité palestinienne à Ramallah s'opposait à tout accord qui renforcerait la position de Dahlan ou exclurait l'Autorité de la gouvernance de Gaza. Et Israël, tout en tirant parti de la pression égyptienne sur le Hamas, se montrait ambivalent à l'égard de tout arrangement susceptible de réduire la pression sur le Hamas sans en extraire des concessions stratégiques.
Les pourparlers ont finalement produit des résultats limités — une amélioration temporaire des relations entre l'Égypte et le Hamas et un certain assouplissement du passage de Rafah, mais aucun arrangement de gouvernance durable. L'épisode illustrait le schéma qui a défini la situation politique de Gaza depuis des années : les acteurs externes peuvent parfois atténuer la pression immédiate, mais les questions fondamentales de gouvernance, de légitimité et de représentation politique ne peuvent être résolues par des accords en coulisses qui contournent les institutions politiques palestiniennes.
Thème : Palestinian Politics — Egypt · Hamas · Dahlan · Reconciliation — Texte © Arab Reform Initiative — archivé ici avec attribution à la source. — Source d'origine