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Omar Shaban Ismail · The New Republic · 2023
Témoignage direct d'Omar Shaban depuis l'intérieur de Gaza, publié dans The New Republic, sur l'impossibilité de la vie quotidienne sous les bombardements et le blocus.
La bande de Gaza connaît une catastrophe humanitaire sans précédent depuis 1967. Au moins 2 300 personnes ont perdu la vie. C’est le nombre de celles qui sont arrivées dans les hôpitaux. Il y a des centaines de personnes ensevelies sous les décombres, et personne n’a pu les atteindre.
La destruction sans précédent des infrastructures a transformé la vie en un enfer ouvert pour tous. Elle frappe avec la plus grande dureté les femmes, les enfants et les personnes handicapées. On compte 8 000 blessés dans les hôpitaux au cours de la première semaine. C’est un chiffre proche du nombre de blessés lors de la guerre de 51 jours en 2014. Cela dépasserait les capacités des systèmes de santé les plus avancés du monde, sans parler d’un système de santé fragile qui souffre depuis des années d’une pénurie de médicaments et d’équipements. Les équipes médicales ne sont plus en mesure de travailler.
L’ordre de l’armée israélienne donné à 1,1 million d’habitants de la bande de Gaza d’évacuer leurs maisons et de fuir vers les régions du sud, tout en bombardant en même temps les voitures qui les transportent, est contraire à l’humanité. La décision d’imposer un siège total à Gaza, de couper l’électricité, de stopper le carburant et d’empêcher l’acheminement du lait infantile et des médicaments menace de transformer l’ensemble de la bande de Gaza en une véritable tombe.
Il est impossible pour deux millions de personnes de vivre sur moins d’un tiers de la superficie de Gaza. Le fait de ne pas autoriser l’aide humanitaire ni une trêve humanitaire permettant aux gens de reprendre leur souffle représente en soi une souffrance insupportable pour la population. Quiconque ne meurt pas dans les raids mourra de faim et de soif.
Ce qui est requis, c’est une trêve humanitaire de 48 heures maintenant, avant dimanche, afin que les gens puissent obtenir ce dont ils ont besoin. L’essentiel est un cessez-le-feu pour empêcher de nouvelles pertes en vies humaines et éviter davantage de souffrances de l’enfer qui a ouvert grand ses portes au cours des sept derniers jours.
Thème : Gaza Economy — Texte © The New Republic — archivé ici avec attribution à la source. — Source d'origine