Faire fonctionner le Comité national d'administration de Gaza
L'analyse d'Omar Shaban selon laquelle le Comité national d'administration de Gaza (NCAG), malgré ses défauts, est l'option la plus réaliste disponible — et ce dont il a besoin pour devenir un véritable organe de gouvernance et non un symbole : entrer à Gaza, disposer de capacités réelles et de financements, et se lier aux institutions démocratiques palestiniennes avant la fin de son mandat en décembre 2027.
Omar Shaban sur le comité d'administration de Gaza (NCAG) : l'option la plus réaliste, et ce qu'il lui faut pour gouverner.
Inauguré au Caire le 16 janvier 2026 sous l'égide du Conseil de la paix et de la résolution 2803 du Conseil de sécurité, le NCAG est un comité de technocrates palestiniens indépendants. Israël l'empêche d'entrer à Gaza ; l'Autorité palestinienne y voit un concurrent potentiel ; les autorités du Hamas à Gaza ont consolidé leur contrôle ; et l'essentiel des fonds de reconstruction promis ne lui est pas parvenu. Son mandat exclut les frontières, la sécurité, le financement de la reconstruction et le calendrier politique, et sa structure n'a jamais été ratifiée par décret présidentiel ni par mandat législatif. Entre-temps, Deir al-Balah a tenu le 25 avril 2026 la première élection locale à Gaza depuis deux décennies — sans le comité.
Malgré les résistances politiques et les contraintes opérationnelles, le NCAG « reste l'option la plus réaliste et la plus immédiatement disponible. C'est pourquoi tout doit être fait pour assurer sa réussite. » Mais un comité qui ne peut ni entrer, ni décaisser, ni protéger n'est pas encore un organe de gouvernance opérationnel.
Recommandations
Exiger l'entrée immédiate du comité à Gaza : sans présence physique, aucune gouvernance n'est possible.
Donner au comité des moyens suffisants — accès, capacités et financements — pour faire face aux lourdes conséquences de deux années de guerre.
Se coordonner avec l'Autorité palestinienne et la Commission électorale centrale pour que le comité devienne un pont entre le cadre extérieur et les institutions démocratiques palestiniennes.
Nouer un partenariat avec le conseil élu de Deir al-Balah sur l'eau, l'électricité et les services locaux.
Dans les négociations sur le désarmement, agir en institution facilitatrice attachée à des conditions réellement réciproques, et non en exécutant.
Utiliser la période allant jusqu'à décembre 2027 pour bâtir registres d'état civil, organes municipaux, cadres professionnels et mécanismes de redevabilité, avec des professionnels de la diaspora et les agences de l'ONU, et préparer des politiques à déployer dès l'entrée.
Préserver le soutien transpartisan dont bénéficie le comité et développer le partenariat avec l'Égypte.
Résultats attendus
Un partenariat municipal avec Deir al-Balah à la fois issu des urnes et ancré sur le terrain.
Des institutions — registres, organes municipaux, cadres, mécanismes de redevabilité — qui survivront à la structure du mandat extérieur.
Une forme de crédibilité politique palestinienne, grâce au soutien des différentes factions, que l'Autorité palestinienne en Cisjordanie n'a jamais su préserver.