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Le rapport de la Banque mondiale aux donateurs à Bruxelles place Gaza au cœur de l'événement

Omar Shaban Ismail · PalThink for Strategic Studies · 2018

Commentaire sur le briefing Banque mondiale aux donateurs à Bruxelles (mars 2018) et la place centrale de Gaza.

Par Omar Shaban – Gaza

Le rapport de la Banque mondiale, qui a fait suite à la réunion de la Maison-Blanche mardi dernier sur Gaza, à laquelle ont participé des représentants de dizaines de pays arabes, occidentaux et d’Israël, et qui a été boycottée par l’Autorité nationale palestinienne (ANP). Ce rapport doit être présenté lors de la réunion du Comité de liaison ad hoc des pays donateurs à l’Autorité palestinienne, qui se tiendra à Bruxelles, en Belgique, lundi prochain (19 mars). Ce comité se réunit deux fois par an pour suivre les fonds des donateurs destinés à l’Autorité et déterminer la nature des interventions futures.

Cette réunion revêt une importance particulière parce qu’elle intervient après la réunion de la Maison-Blanche, qui s’est concentrée sur la situation dans la bande de Gaza, et à la lumière de la relation tendue entre Washington et l’Autorité palestinienne à la suite de la décision du président Trump concernant Jérusalem et de la cessation des contacts entre eux. En outre, le rapport comporte de nombreux aspects nouveaux qui méritent attention et analyse, dont certains indiquent l’avenir :

Le rapport consacre 46 pages, soit plus de la moitié, à parler de la situation dans la bande de Gaza au cours des deux dernières décennies dans tous les domaines, ce qui n’était pas le cas dans les rapports précédents.

Le rapport critique clairement les mesures israéliennes imposées à la bande de Gaza, à savoir le blocus, l’interdiction de l’entrée des biens à double usage, le manque d’électricité et les restrictions à la libre circulation des marchandises et des personnes.

Le rapport confirme que la situation dans la bande de Gaza ne peut pas continuer ainsi et appelle toutes les parties concernées à travailler ensemble pour prévenir la catastrophe.

Le rapport recommande la mise en œuvre de dizaines d’interventions immédiates et à moyen terme dans les domaines de l’électricité, de l’assainissement, de l’eau, du soutien aux petites entreprises et de la promotion des exportations, de l’augmentation du nombre de permis accordés aux commerçants, du soutien aux institutions du secteur privé, et bien d’autres.

Le rapport présente un certain nombre de recommandations concernant la bande de Gaza, notamment :

1) Intégrer les employés du secteur gouvernemental et améliorer l’efficacité du travail public

2) Améliorer la collecte des impôts

3) Unifier les lois entre les gouvernorats du Nord et du Sud

4) Allouer des budgets pour soutenir les petits projets

5) Faciliter les exportations de Gaza vers les gouvernorats du Nord et vers Israël

6) Délivrer des permis aux commerçants de Gaza pour entrer en Israël

7) Élargir les zones de pêche maritime

8) Augmenter l’approvisionnement en électricité de la bande de Gaza

9) Construire et améliorer les zones industrielles

10) Soutien au secteur privé.

Le rapport consacre 5 pages à la question de la fusion des employés de l’Autorité palestinienne et de l’ancien gouvernement de Gaza dans le secteur gouvernemental. On peut constater que l’intégration des fonctionnaires du gouvernement de facto, selon la terminologie du rapport, n’est pas rejetée et que la communauté internationale devrait aider au processus d’absorption.

Le rapport suggère que le processus d’absorption des employés du gouvernement de facto n’est pas automatique, mais doit être fondé sur les besoins de chaque secteur, prendre en considération la croissance démographique et œuvrer à corriger le déséquilibre entre la bande de Gaza et les gouvernorats du Nord en termes de proportion d’employés par rapport à la population dans certains secteurs, tels que la santé et l’éducation, par exemple.

Le processus d’absorption des fonctionnaires du gouvernement de facto doit se faire par un filtrage conformément aux normes internationales. C’est le mécanisme qui a été appliqué aux employés du gouvernement de Gaza en 2014 pour le versement de la subvention financière.

Le rapport appelle l’Autorité palestinienne à mettre en œuvre le processus de fusion, à l’inclure dans le budget public et à le soumettre aux donateurs afin de discuter de la possibilité d’un soutien financier.

Le rapport appelle à la mise en œuvre de programmes de formation et de réhabilitation pour les employés du secteur public dans la bande de Gaza, comme ceux mis en œuvre dans les gouvernorats du Nord.

Le rapport a appelé l’Autorité palestinienne à œuvrer à la réforme de l’appareil gouvernemental, à accroître l’efficacité et à encourager la retraite anticipée de ses employés.

Le rapport exige qu’Israël régularise le transfert des fonds de compensation à l’Autorité palestinienne sans délai.

Le rapport indique un déclin significatif de l’activité économique dans les gouvernorats du Nord en raison des restrictions imposées à la circulation des personnes, des marchandises et à l’investissement. Le taux de croissance du PIB pour l’année 2017 est tombé à seulement 2,4 %, contre un taux de croissance de 5 % les années précédentes.

La détérioration de la situation économique dans la bande de Gaza est due au manque de liquidités, au déclin du soutien international à la reconstruction, à la réduction des salaires des employés de l’ANP et à l’incapacité de l’ancien gouvernement de Gaza à verser les salaires de ses employés de manière complète et régulière. Le taux de croissance du PIB a été d’un demi-point de pourcentage en 2017, contre un taux de croissance de 8 % en 2016. Le soutien à la reconstruction a diminué à 55 millions de dollars en 2017, contre 400 millions de dollars en 2016.

Thème : Gaza Economy — World Bank · donors · Brussels · AHLC · Gaza Politics — Source d'origine

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