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Où en est l'Autorité palestinienne aujourd'hui ?

Omar Shaban Ismail · PalThink for Strategic Studies · 2010

Un commentaire qui évalue la situation de l'Autorité palestinienne entre division interne et recul du processus de négociation, et les instruments qui lui restent réellement.

Un commentaire qui évalue la situation de l'Autorité palestinienne entre division interne et recul du processus de négociation, et les instruments qui lui restent…

PalThink for Strategic Studies a organisé le mercredi 15 décembre 2010, à Gaza, une table ronde intitulée « Les pourparlers de paix israélo-palestiniens… quelles options ? ». Cet atelier avait pour but d'explorer les alternatives possibles pour l'Autorité palestinienne après le refus d'Israël de geler les activités de colonisation et le recul des États-Unis dans la pression exercée sur Israël. La séance était animée par le directeur de PalThink, Omar Shaban, et a réuni un groupe d'analystes politiques, de parlementaires et de militants associatifs.

Le Dr Husin Abu Shanab, doyen de la faculté des médias de l'Université de Palestine, a affirmé que la résolution de la crise politique au Moyen-Orient dépend fondamentalement du règlement du conflit israélo-palestinien. Il a expliqué que la méthode américaine de négociation repose sur les principes suivants :
a. négocier ce qui est possible plutôt que ce qui est requis ;
b. formuler de nouvelles options lorsque les négociations aboutissent à une impasse ;
c. s'appuyer sur les échanges oraux, et même sur le langage corporel ;
d. apprendre à connaître l'autre partie.

Il a également énuméré plusieurs propositions pour sortir de la crise actuelle, parmi lesquelles : a. réaliser la réconciliation palestinienne ;
b. améliorer le mécanisme et la conception même de la négociation.
Dans le même ordre d'idées, Yehya Rabah, ancien ambassadeur de Palestine au Yémen, a déclaré que l'administration américaine soutient Israël au point de préférer les intérêts israéliens à l'intérêt américain au Moyen-Orient, ce qui n'est pas habituel dans le nouvel ordre mondial dirigé par les États-Unis. S'attachant aux alternatives de la crise palestinienne actuelle, il a estimé que la position palestinienne devait passer par :
a. le renforcement des relations arabes et internationales ;
b. le refus d'exagérer la crise ;
c. le retour de la confiance en soi dans la défense de la cause palestinienne ;
d. la consolidation de ses relations avec la société palestinienne afin d'obtenir son soutien et sa compréhension.

Tawfiq Abu Shomar, analyste politique, a souligné l'importance de l'unité palestinienne pour résister à l'occupation, affirmant que le renvoi de la cause palestinienne devant le Conseil de sécurité des Nations unies constitue un pas en arrière du côté palestinien. Il a également suggéré au négociateur palestinien de :
a. réorganiser les options dont il dispose et les mobiliser avec soin ;
b. organiser des élections équitables ainsi qu'un référendum populaire sur l'établissement d'un État dans les frontières de 1967 ;
c. réformer l'OLP et le Conseil national ;
d. permettre aux factions politiques palestiniennes de participer à la décision politique.

Le Dr Fesal Abu Shahla, membre du groupe du Fatah au Conseil législatif palestinien, a déclaré qu'Israël n'est pas sérieux quant à l'acceptation de la « solution à deux États », pour de nombreuses considérations qui lui sont propres, tout en saluant le rôle efficace du négociateur palestinien, qui a obtenu de nombreux acquis et fait progresser la cause palestinienne. Commentant les alternatives présentées par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, il a insisté sur le fait que le président Abbas ne démissionnera pas et ne dissoudra pas l'Autorité. Il a ajouté que notre système politique palestinien devait chercher à renforcer sa position, et que se libérer des pressions régionales et internationales et organiser des élections présidentielles et législatives sont la voie pour résoudre la crise et consolider la position palestinienne.
En conclusion, les participants se sont accordés sur le fait que la position palestinienne doit :
1. réaliser la réconciliation nationale palestinienne ;
2. renforcer les relations internationales afin de faire pression sur Israël ;
3. organiser des élections présidentielles et législatives ;
4. améliorer le mécanisme de négociation.

Gaza
17 décembre 2010

Thème : Palestinian Politics — Source d'origine

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