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Les causes et les conséquences de la dernière attaque d'Israël contre le Jihad islamique à Gaza

Omar Shaban Ismail · Middle East Institute · 2022

Analyse publiée en 2022 par le Middle East Institute de l'opération israélienne « Breaking Dawn » contre le Jihad islamique palestinien. Shaban examine les causes — la convergence des intérêts israéliens, du Jihad islamique palestinien et de l'Égypte à un moment politiquement chargé — et les conséquences : l'écart démontré entre le Hamas et le JIP, l'irrélevance des distinctions factionnelles pour les civils de Gaza, et l'impossibilité de gérer l'environnement sécuritaire de Gaza par des opérations militaires épisodiques.

Analyse publiée en 2022 par le Middle East Institute de l'opération israélienne « Breaking Dawn » contre le Jihad islamique palestinien.

En août 2022, Israël lança une opération militaire contre le Jihad islamique palestinien (JIP) à Gaza — nom de code « Breaking Dawn » — visant spécifiquement la direction et les infrastructures du JIP. L'opération fut délibérément calibrée pour exclure le Hamas à la fois des cibles et de l'équation politique, représentant un éloignement marqué par rapport à l'approche précédente d'Israël qui tenait le Hamas pour responsable de toute activité armée à Gaza.

Les causes de l'escalade étaient ancrées dans une convergence des intérêts israéliens, du JIP et égyptiens à un moment politique précis. Israël se dirigeait vers sa cinquième élection en trois ans, et une opération militaire contre une organisation désignée comme terroriste — sans risquer une guerre à grande échelle avec le Hamas — offrait des dividendes électoraux. Le JIP, pour sa part, avait été encouragé par les arrestations israéliennes de cadres du JIP en Cisjordanie et subissait la pression de sa direction à Damas pour démontrer sa pertinence. Le rôle de l'Égypte était complexe : Le Caire avait intensivement assuré la médiation entre le Hamas et Israël, et l'opération ciblée contre le JIP, qui se situe en dehors du cadre de la médiation égyptienne, a testé les limites de l'influence du Caire.

Les conséquences de l'opération furent significatives. À court terme, elle démontra qu'Israël pouvait mener des opérations de précision à Gaza sans déclencher une guerre plus large — un principe porteur d'implications pour la planification militaire israélienne future. Elle révéla également la divergence croissante entre le Hamas et le JIP : le Hamas ne participa pas aux combats, permettant de fait à Israël d'éliminer des militants du JIP sous sa surveillance.

Pour la population civile de Gaza, la distinction entre les opérations du Hamas et du JIP était dénuée de sens. Des zones résidentielles furent touchées, des civils furent tués, et le sentiment d'insécurité perpétuelle s'approfondit. L'opération souligna un schéma fondamental : les civils de Gaza subissent les conséquences de calculs politiques et militaires opérés par des acteurs dont ils n'ont aucune influence sur les processus décisionnels.

La conséquence à plus long terme fut la démonstration que l'environnement sécuritaire de Gaza ne pouvait être géré par des opérations épisodiques. Sans un processus politique qui s'attaque aux causes profondes de la militance — blocus, chômage, absence d'horizon politique — les opérations militaires ne font que remettre à zéro le compteur avant la prochaine vague de violences.

Thème : Gaza Politics — Islamic Jihad · Hamas · Israeli escalation — Texte © Middle East Institute — archivé ici avec attribution à la source. — Source d'origine

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