عOmar Shaban IsmailÉconomie politique · Palestine

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Les répercussions de la division palestinienne sur le projet national et son exploitation régionale

Omar Shaban Ismail · مجلة شؤون فلسطينية (Palestinian Affairs) · 2019

Cet article à comité de lecture, publié dans la revue Palestinian Affairs de l'OLP, examine les répercussions structurelles de quinze ans de division palestinienne sur le projet national. L'auteur analyse cinq dimensions : les conséquences générales de la scission, la fragmentation institutionnelle (gouvernements parallèles, systèmes juridiques et appareils de sécurité distincts à Gaza et en Cisjordanie), la prolifération d'acteurs armés sapant l'état de droit, des environnements législatifs contradictoires, et le paradoxe de programmes politiques convergents parallèlement à un creusement culturel et psychologique entre les deux territoires. L'article met en garde que la division prolongée a engendré des groupes d'intérêts enracinés de part et d'autre qui tirent profit de sa perpétuation, rendant la réunification structurellement plus difficile au fil du temps — et que les acteurs régionaux et internationaux, en particulier les États-Unis et Israël sous l'administration Trump, exploitent de plus en plus cette division pour empêcher l'établissement d'un État palestinien.

Cet article à comité de lecture, publié dans la revue Palestinian Affairs de l'OLP, examine les répercussions structurelles de quinze ans de division palestinienne sur…

Il n'y a pas de véritable passage d'une autorité à un État palestinien avant que ne prenne fin la division interpalestinienne. Cette division a produit des conséquences et un état de fait qu'il n'est plus possible de traiter par de simples accords. Le développement le plus marquant survenu sous l'administration du président américain Donald Trump aura sans doute été la volonté affichée d'exploiter cette division, de manière à la maintenir et à empêcher concrètement l'établissement de l'État palestinien, en perpétuant la séparation politique et géographique entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. Cet article examine d'abord les conséquences de la division interne palestinienne, puis les inflexions de la position américaine à son égard jusqu'en 2018.

**Première partie : les conséquences de la division**

La prise de contrôle de Gaza par le Hamas a consacré une situation de séparation politique et administrative entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, ainsi que la décomposition du système politique palestinien, ce qui a approfondi le phénomène de division sur les plans politique, social, administratif, géographique, culturel et psychologique.

Les conséquences institutionnelles : l'Autorité palestinienne s'est scindée en deux autorités. Le Conseil législatif palestinien a cessé de fonctionner, ce qui a affecté en profondeur la séparation des pouvoirs. Sont également apparus des problèmes liés à l'appareil administratif de la bande de Gaza et à la difficulté d'y intégrer les fonctionnaires.

Les conséquences législatives : le nombre de textes adoptés à Gaza après 2008 approche les 47 lois en sept années seulement, auxquelles s'ajoutent 2 446 décisions, applicables dans la seule bande de Gaza.

Le fossé culturel et psychologique : la polarisation aiguë entre le Fatah et le Hamas a aggravé les différends, et le recours à la violence et à la force excessive s'est banalisé. Israël s'est employé à fabriquer une identité de la Cisjordanie et une identité de Gaza, et à accentuer l'écart entre elles afin de faire échouer le projet national.

La situation économique : l'économie de la bande de Gaza a subi un coup fatal du fait de la division et du blocus israélien total imposé depuis le milieu de 2007. Le coût de la division et du blocus sur dix ans (2007-2017) est estimé à environ 15 milliards de dollars. Le taux de croissance économique s'est établi à −6 % au premier trimestre 2018, tandis que le taux de chômage dépassait 70 % à Gaza.

**Deuxième partie : l'exploitation israélo-américaine de la division**

La division arrange Israël, qui cherche toujours à brouiller la scène et à consacrer la fracture du rang palestinien. On voit aujourd'hui se confirmer la stratégie du projet israélien, fondée sur le morcellement du peuple palestinien, la dissolution de son identité nationale et l'éclatement de son entité représentative unifiée.

L'administration Trump, pour sa part, cherche à tirer parti de la dégradation des conditions humanitaires et économiques pour offrir une aide humanitaire en échange de concessions politiques. Jared Kushner l'a exprimé ainsi : « Je pense que le peuple palestinien se soucie moins des points de discussion politiques et davantage des nouvelles perspectives qu'offrira l'accord. » C'est là — selon l'écrivain Robert Fisk — de l'argent contre la paix, au lieu de la terre contre la paix.

**Conclusion**

La persistance de la division interne palestinienne constitue une menace immédiate autant que stratégique à long terme : elle a contribué à approfondir la séparation entre les deux territoires et à faire naître des catégories qui ont intérêt à sa poursuite. La division menace désormais l'ensemble de la situation palestinienne, l'administration américaine et le gouvernement israélien s'employant à l'exploiter pour entériner la séparation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza et empêcher la création de l'État palestinien, notamment en transformant la cause palestinienne, de cause de droits nationaux, en affaire de secours et d'aide.

Source : revue Palestinian Affairs, nos 273-274, automne 2018 - hiver 2019, p. 108-121. Centre de recherches — Organisation de libération de la Palestine.

Thème : Palestinian Politics — الانقسام الفلسطيني · المصالحة الوطنية · سياسة أمريكية · اقتصاد غزة · National Reconciliation · Regional & International Politics · Hamas and Fatah

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