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Le conflit israélo-palestinien : une nouvelle perspective

Omar Shaban Ismail · PalThink for Strategic Studies · 2009

Un commentaire proposant une autre lecture du conflit israélo-palestinien, partant de l'économie et de la société plutôt que de la seule gestion des crises sécuritaires.

VILLE DE GAZA — Les Israéliens et les Palestiniens ont été empêchés de regarder plus profondément vers les occasions cachées et inexploitées, prisonniers de la perspective étroite qu'imposent un conflit prolongé, la poursuite de l'occupation israélienne et l'échec des pourparlers de paix. Les deux camps consument leur énergie à gérer le conflit, et parfois à l'envenimer, plutôt qu'à le résoudre. Très peu de Palestiniens, et moins encore d'Israéliens, savent ou parviennent à imaginer que ce petit territoire appelé « la bande de Gaza » puisse offrir des possibilités sans fin. Beaucoup voient dans la bande de Gaza un endroit pauvre et gorgé de violence. Il existe pourtant de nombreux exemples de relations fécondes entre Israéliens et Palestiniens, qui témoignent sans le moindre doute du fort potentiel de cette région. Malheureusement, les médias couvrent surtout les nouvelles du conflit et de la haine plutôt que les bonnes nouvelles. Voici un exemple, parmi d'autres, de ce qu'une paix juste et équitable pourrait apporter aux deux parties. Depuis vingt ans, la bande de Gaza s'est fait connaître par la culture et l'exportation de fleurs, de fraises et de légumes, comme les tomates cerises. Il y a quelques années, plus de 1 000 dounams (250 acres) étaient plantés de fleurs, et 3 000 dounams (750 acres) de fraises. Ces cultures de rente créaient des milliers d'emplois durables et de qualité pour les Palestiniens de la bande de Gaza, ainsi que des recettes de plus de 12 millions d'euros par an. En 2006, lorsque Israël a imposé un bouclage total à la bande de Gaza et restreint la circulation des marchandises et des personnes vers Gaza et depuis Gaza, ces deux cultures, et bien d'autres, en ont gravement pâti : alors que Gaza avait exporté 60 millions d'œillets et 2 000 tonnes de fraises en 2005, seuls 12 millions d'œillets et 103 tonnes de fraises ont été autorisés à franchir la frontière en 2007. Pire encore, en 2007-2008, 55 000 œillets seulement ont été exportés. Cela a causé d'énormes pertes à ces secteurs et poussé les agriculteurs à quitter leur terre pour chercher d'autres emplois. Fait surprenant, en novembre 2007, des agriculteurs palestiniens et leurs homologues israéliens ont saisi ensemble la Cour suprême israélienne contre le gouvernement israélien, le pressant d'ouvrir les points de passage. La Cour suprême a ordonné au gouvernement israélien de le faire, ce qui a permis d'exporter des fleurs et des fraises de Gaza vers Israël au cours de ce mois-là. Ce fut la seule exportation réalisée depuis le bouclage imposé à Gaza en juin 2007, après la prise de contrôle du territoire par le Hamas. Bien des Israéliens auraient eu le plus grand mal à imaginer, voire à croire, que ces jolies fleurs et ces fraises sucrées qu'ils offraient à leurs amis venaient de Gaza. Les agriculteurs palestiniens et israéliens ont eu l'intelligence de trouver un terrain d'entente où les uns et les autres réalisaient des bénéfices tout en nouant de véritables partenariats. Tandis que les directions politiques israélienne et palestinienne investissent souvent leur énergie à entretenir le conflit, d'autres cherchent des occasions et tentent d'ouvrir la voie à une vie meilleure. Les profits que l'on peut tirer de l'occupation et du conflit sont moindres que ceux que pourraient créer la paix et la coopération entre Israéliens et Palestiniens. Nombreux sont les médecins, ingénieurs, chanteurs, artistes, enseignants et travailleurs qualifiés palestiniens qui ont eu la possibilité de travailler dans des institutions israéliennes et se sont ainsi trouvés en contact direct avec la société israélienne. Ces Palestiniens ont beaucoup appris et sont devenus un atout précieux pour la communauté palestinienne. Ces Palestiniens ont gagné la confiance de leurs clients israéliens. Est-il si irréaliste d'imaginer des centaines, voire des milliers de professionnels palestiniens travaillant ou se formant demain dans des institutions israéliennes ? Il est temps que chacune des deux parties voie l'autre, et soit vue, sous une perspective nouvelle. Israël aurait tout intérêt à comprendre qu'une paix juste et équitable avec un État palestinien est bien plus sûre et bien plus profitable que la perpétuation de l'occupation. À l'inverse, les Palestiniens auraient tout intérêt à voir que vivre en paix avec Israël est la seule et la meilleure voie vers la prospérité.

Thème : Palestinian-Israeli Conflict — Source d'origine

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