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Omar Shaban Ismail · QudsNet · 2019
Évaluation du rôle du G7 dans l'économie politique internationale, et de l'écart entre les ambitions affichées et les résultats effectivement obtenus.
Le G7 est un bloc international qui réunit les plus grandes économies du monde : les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France, le Japon, l'Italie et le Canada. Il a été fondé en 1975 comme cadre international de consultation sur les affaires du monde. La crise pétrolière dont l'Occident a durement souffert lors de la guerre d'octobre 1973 fut la raison principale de la formation de ce groupe. Six pays — la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et les États-Unis — ont participé à sa fondation, le Canada les ayant rejoints par la suite. Avec l'adhésion de la Russie en 1998, il est devenu le Groupe des huit ; l'adhésion russe a été gelée en 2004 à la suite de l'annexion de la Crimée. Le groupe s'oppose toujours au retour de la Russie en son sein, tandis que le président américain Trump s'emploie avec insistance à l'y réintégrer.
La réunion actuelle est la quarante-cinquième du groupe ; elle se tient en France et est présidée par le président français Macron. Plusieurs économies émergentes, comme l'Inde, le Brésil et l'Égypte, ont été invitées à participer à certaines sessions du sommet, ce qui représente une reconnaissance, par les grandes puissances, de l'importance de la coordination avec les économies émergentes — toutes situées hors d'Europe et d'Amérique —, dès lors que certaines d'entre elles devraient dépasser les grandes économies traditionnelles.
Le dossier iranien figurait en tête de l'ordre du jour de ce sommet. L'administration Trump s'est désengagée, sans consulter ses alliés, de l'accord conclu avec l'Iran sur le dossier nucléaire, ce à quoi l'Europe s'est opposée. Ce désengagement américain de l'accord avec l'Iran constitue l'un des principaux différends entre l'Europe et l'administration américaine.
En raison de la gravité de la position américaine et du refus européen, la France travaille discrètement depuis des mois, en coordination avec d'autres pays comme l'Allemagne, à présenter une initiative destinée à apaiser la tension entre les États-Unis et l'Iran et à redonner son autorité à l'accord que l'Europe a, pour l'essentiel, œuvré à obtenir. La partie iranienne, qui cherche à éviter de nouvelles sanctions américaines et internationales, a salué le rôle et les efforts français et s'en est félicitée.
D'une manière qui a paru surprenante à certains des pays participants, le sommet a accueilli le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, et une réunion s'est tenue avec le président français et d'autres pays occidentaux, sans la participation de la partie américaine. Il semble que la médiation franco-européenne entre l'Iran et les États-Unis porte des signes de succès dans l'apaisement d'une tension qui s'était muée, quelques semaines plus tôt, en accrochages limités dans les eaux du Golfe.
Les incendies de la forêt amazonienne au Brésil, qui constitue le poumon de la planète, ont eux aussi retenu une vive attention, le président brésilien refusant l'aide internationale pour éteindre des feux qui menacent l'intégrité de la Terre. Le sommet du G7 est toutefois parvenu à faire pression sur le président brésilien pour qu'il accepte cette aide internationale, laquelle n'est à ses yeux qu'une ingérence portant les marques du colonialisme occidental.
Le G7 fait l'objet de nombreuses critiques en raison de son échec à relever bon nombre des défis du monde en matière d'environnement, d'inégalité entre le Nord et le Sud, de changement climatique et d'autres défis auxquels le monde est confronté.
Malgré la profondeur des désaccords, l'opposition des intérêts et la recherche par chaque État du meilleur pour son peuple, le langage du dialogue, la création d'intérêts mutuels et la recherche de dénominateurs communs demeurent les moyens qu'emploie le monde civilisé pour faire face aux différends et aux divergences.
Seuls les imbéciles s'entretuent.
Thème : International Economy — Texte © QudsNet — archivé ici avec attribution à la source. — Source d'origine