Le plaidoyer d'Omar Shaban pour un port à Gaza, levier économique et expression de la souveraineté palestinienne : réactiver les accords d'Oslo et de Charm el-Cheikh, recourir si nécessaire à une solution temporaire sous l'égide de l'ONU et d'acteurs internationaux, et faire du port une incitation à la réconciliation plutôt qu'une récompense.
Le plaidoyer d'Omar Shaban pour un port à Gaza : réactiver Oslo, une solution transitoire sous l'égide de l'ONU, un port qui incite à l'unité.
Avant 1967, Gaza exportait ses agrumes par son propre port. Les accords d'Oslo et le mémorandum de Charm el-Cheikh de 1999 prévoyaient un port à Gaza ; le chantier lancé avec des fonds européens a été bombardé pendant la seconde Intifada, et le projet s'est arrêté après la division et le blocus de 2007. Depuis, les propositions se sont multipliées — un port à Gaza, des liaisons maritimes vers Chypre, El-Arich ou la Turquie, un quai loué à Ashdod ou à El-Arich, une île artificielle — sans qu'aucune ne soit réalisée. Pendant ce temps, 5 000 à 8 000 camions par mois entrent à Gaza depuis Israël, à un coût de transport élevé.
Un port à Gaza est avant tout une question politique : les objections sécuritaires israéliennes ont bloqué toutes les options. Omar Shaban conclut que réactiver les accords internationaux existants — avec un financement européen déjà prévu, estimé en 2016 entre 200 et 250 millions de dollars — est la seule voie réaliste, et que le port « ne doit pas attendre la réconciliation : il doit l'encourager ».
Recommandations
Réactiver les dispositions d'Oslo et de Charm el-Cheikh sur le port de Gaza, garantes de son exploitation internationale, en mobilisant le financement européen déjà prévu.
Tant que dure la division, adopter une solution temporaire sous l'égide de l'ONU et d'acteurs internationaux, des organisations internationales participant à la gestion et à la supervision du port comme la mission européenne l'a fait à Rafah.
Ne considérer les liaisons maritimes et les quais loués que comme des mesures temporaires en attendant un port à Gaza ; un quai à El-Arich suppose un consensus régional, une solution politique et l'accord de l'Autorité palestinienne.
Intégrer à la conception du port des dispositifs de sécurité contre la contrebande, en tant qu'intérêt palestinien et pas seulement exigence israélienne.
Ne pas faire attendre le port jusqu'à la réconciliation : en faire une incitation à celle-ci.
Résultats attendus
La construction et l'exploitation d'un port créeraient 50 000 emplois et provoqueraient un bond de l'économie palestinienne.
Des coûts d'importation réduits et de nouveaux emplois, faisant reculer le chômage très élevé de Gaza.
Des liens économiques renforcés entre les gouvernorats du nord et du sud, et Gaza comme escale pour les navires entre l'Asie et l'Europe.
Une puissante incitation à la réconciliation et « un facteur important de stabilité, de développement et de paix dans la région ».