Un conseil collaboratif pour la reconstruction de Gaza
La proposition d'Omar Shaban, formulée avec Sultan Barakat en 2014 puis révisée en 2024, d'un Conseil de reconstruction de Gaza : un organe représentatif qui pilote la reconstruction et un fonds fiduciaire distinct, consulte les institutions de Gaza et rend compte publiquement de chaque promesse de don, afin de ne pas répéter les échecs de 2009 et de 2014.
Proposition d'Omar Shaban : un Conseil de reconstruction de Gaza et un fonds fiduciaire distinct, pour que les promesses arrivent et soient publiques.
Le diagnostic d'Omar Shaban, tiré des guerres de 2008-2009 et de 2014, est un dilemme de légitimité et de contrôle : l'Autorité palestinienne est l'autorité reconnue, le Hamas gouverne Gaza depuis 2007 et Israël contrôle les accès. Les donateurs craignaient que leur aide n'atteigne le Hamas ; les institutions de Gaza ont été exclues (aucune organisation de Gaza n'assistait à la conférence de Charm el-Cheikh en 2009, dont le plan n'a été présenté qu'en anglais) ; et il n'existe aucun bilan complet de ce que sont devenues les promesses de 2009. En 2024, il a adapté sa proposition à la situation d'après octobre 2023 : un conseil temporaire de 12 à 15 employés de l'Autorité palestinienne résidant à Gaza et déjà contrôlés, travaillant avec les fonctionnaires de l'autorité de facto, accompagné d'une force de police, d'une surveillance internationale des points de passage et d'un fonds pour la société civile.
Les reconstructions de Gaza ont échoué non par manque de promesses, mais faute d'un mécanisme accepté pour les gérer : fin décembre 2014, des responsables du ministère palestinien du Logement déclaraient n'avoir reçu qu'environ 2 % des 5,4 milliards de dollars promis au Caire. Omar Shaban propose un conseil collaboratif de reconstruction et un fonds fiduciaire placé hors des budgets de l'Autorité palestinienne comme du Hamas.
Recommandations
Créer un Conseil collaboratif de reconstruction de Gaza présidé par une personnalité indépendante ayant la confiance de toutes les parties, réunissant l'Autorité palestinienne, des États de la région, l'UE, la Banque mondiale, la Banque islamique de développement, des représentants non affiliés de la société civile, les factions palestiniennes et les agences de l'ONU (UNRWA et PNUD).
Créer un fonds fiduciaire spécialisé auprès de la Banque islamique de développement ou de la Banque mondiale pour recevoir tous les dons destinés à la reconstruction de Gaza, sur un compte distinct hors des budgets de l'Autorité palestinienne et du Hamas, sous la supervision du conseil.
Conserver les fonds de reconstruction dans un fonds dédié qui ne sert jamais à combler un déficit budgétaire, les recettes et décaissements étant validés et contrôlés par un organe indépendant.
Mener des consultations intensives et régulières avec les institutions de Gaza — y compris la direction du Hamas, les ONG, les associations d'entrepreneurs et les universités — pour évaluer les dommages, concevoir les interventions et les mettre en œuvre, et recourir autant que possible aux entreprises et institutions locales.
Offrir des garanties de sécurité par un contrôle indépendant aux points de passage plutôt que sur les chantiers, faire pression sur Israël pour lever le blocus et laisser entrer les matières premières nécessaires, et encourager l'Égypte à ouvrir sa frontière dans le cadre d'un plan de relance plus large.
Après la guerre de 2023-2025, former un conseil temporaire de 12 à 15 employés de l'Autorité palestinienne résidant à Gaza et déjà contrôlés — dont les directeurs des autorités de l'eau et de l'énergie, le syndicat des entrepreneurs, l'association des hommes d'affaires, le chef de la police et deux ou trois membres de la société civile — qui se coordonne avec le gouvernement de l'Autorité, déclare n'avoir aucun mandat politique, travaille avec les fonctionnaires de l'autorité de facto, publie ses travaux sur un site internet et accueille des agents de liaison observateurs de l'UNRWA, du PAM, de l'OMS, du CICR et des ONG palestiniennes.
Associer très tôt la diaspora palestinienne, pour son expertise technique et ses capitaux.
Résultats attendus
Des bénéfices de la reconstruction répartis de façon transparente et équitable entre les habitants de Gaza, sur la seule base des besoins établis et non des allégeances politiques.
La crainte israélienne qu'un allègement des restrictions favorise le réarmement levée grâce au contrôle des importations de matériaux par le conseil.
Des ressources promises qui restent affectées au peuple palestinien quel que soit le rythme des progrès.
Des factions palestiniennes amenées, en travaillant autour d'une même table, à dialoguer sur le fond — et, espère-t-il, à un dialogue national plus large.